Un an après la disparition de Chad Joseph et Rishi Samaroo, leurs familles ont brisé le silence pour exiger des comptes à l'administration américaine. Les deux hommes figurent parmi les six victimes d'une frappe navale menée le 14 octobre 2025 dans les Caraïbes, une opération que les proches des disparus qualifient d'exécution extrajudiciaire.
Une procédure judiciaire pour contester la version officielle
Les familles des victimes, soutenues par l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) et le Center for Constitutional Rights, ont déposé une plainte pour homicide injustifié devant un tribunal fédéral de Boston, dans le Massachusetts. Elles réfutent catégoriquement les accusations de trafic de stupéfiants portées par les autorités américaines contre les passagers du navire. Selon les plaignants, Chad Joseph et Rishi Samaroo étaient des travailleurs agricoles et des pêcheurs qui rentraient du Venezuela, et non des « narco-terroristes » comme le prétend la campagne militaire lancée sous la présidence de Donald Trump.
Une campagne militaire sous le feu des critiques internationales
Depuis septembre 2025, cette stratégie de frappes contre de petites embarcations dans les Caraïbes et l'est du Pacifique a causé la mort d'au moins 239 personnes. L'absence de preuves publiques identifiant les victimes ou confirmant leur implication dans des activités criminelles alimente une vive controverse. Des experts juridiques soulignent qu'en droit international, l'usage de la force militaire pour des missions de police civile — comme la lutte contre le trafic de drogue — est illégal. Certains observateurs, dont des instances onusiennes, ont même évoqué la possibilité que ces opérations constituent des crimes contre l'humanité.
Un enjeu de responsabilité politique
Le cas des ressortissants trinidadien n'est pas isolé. D'autres familles, notamment en Colombie et en Équateur, ont entamé des démarches similaires, saisissant parfois la Commission interaméricaine des droits de l'homme. Pour les avocats de l'ACLU, cette campagne représente une dérive sécuritaire majeure. Ils appellent désormais le Congrès et l'exécutif américain à mettre fin à ces interventions, arguant que le recours à la force létale sans procédure judiciaire préalable fragilise l'État de droit et laisse des communautés entières dans le deuil, sans aucune forme de recours ou de transparence de la part de Washington.