Un an après les mobilisations sociales portées par le collectif GenZ 212, des familles se sont rassemblées devant le Parlement à Rabat pour exiger la libération de leurs proches. Ce mouvement de protestation, qui réclamait initialement des réformes dans l'éducation et la santé, a conduit à l'incarcération de centaines de jeunes, dont plusieurs mineurs, suite à des heurts survenus en marge des rassemblements.
Le poids des poursuites judiciaires
Le bilan judiciaire lié à ces événements demeure lourd. Selon les données communiquées par le parquet en octobre dernier, plus de 2 400 personnes ont fait l'objet de poursuites pour des faits de violence, dont environ 1 400 ont été placées en détention. À ce jour, les tribunaux marocains ont prononcé des centaines de condamnations, incluant des peines fermes ou avec sursis visant des dizaines de mineurs impliqués dans les troubles ayant émaillé le mouvement.
Revendications et irrégularités dénoncées
Les familles des détenus, épuisées par la durée des procédures, appellent les autorités à faire preuve de clémence. Hakim Sikouk, coordinateur national du comité de soutien aux détenus, estime que près de 750 jeunes sont toujours privés de liberté. Il souligne par ailleurs l'existence d'irrégularités dans les procédures judiciaires engagées, pointant du doigt le maintien en détention de nombreux individus n'ayant pas encore été jugés, une situation qui alimente les tensions sociales autour de ce dossier.
Origines et dérives du mouvement GenZ 212
Né sur les réseaux sociaux à l'automne dernier, le mouvement GenZ 212 avait mobilisé une partie de la jeunesse marocaine autour d'exigences de justice sociale, de lutte contre la corruption et d'amélioration des services publics. Si la majorité des rassemblements se sont déroulés pacifiquement, deux soirées de violences près d'Agadir, ayant entraîné la mort de trois personnes, ont marqué un tournant répressif. Aujourd'hui, les familles, à l'instar de celles présentes à Rabat, multiplient les appels aux autorités pour obtenir la libération de leurs enfants, espérant une issue favorable à ces dossiers judiciaires en suspens.