Des extensions navigateur détournées en outils de piratage massif : 80 000 utilisateurs africains et internationaux piégés

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 43 lectures
Des extensions navigateur détournées en outils de piratage massif : 80 000 utilisateurs africains et internationaux piégés

Une faille de sécurité majeure a transformé des extensions légitimes en chevaux de Troie numériques, ciblant près de 80 000 utilisateurs de Chrome et Edge à travers le monde, dont une partie en Afrique. Les attaquants ont exploité la confiance accordée à ces outils pour infiltrer les navigateurs et dérober cryptomonnaies, identifiants et historiques de navigation.

Des extensions populaires détournées en moins de 24 heures

Une extension initialement conçue pour faciliter la copie de texte et l’OCR, « Enable Right Click & Copy — Smart Unlock + OCR », a servi de cheval de Troie après une mise à jour malveillante. Avec 70 000 installations sur Chrome et 10 000 sur Edge, elle a permis aux pirates d’infiltrer des navigateurs déjà « légitimés » par leurs utilisateurs. Cette méthode rappelle une campagne similaire, ShadyPanda, identifiée fin 2025, où des extensions Chromium avaient été utilisées pour infecter 4,3 millions de navigateurs avant d’être neutralisées.

Un arsenal de 16 modules malveillants pour piller les comptes

Les chercheurs en cybersécurité ont identifié 16 modules JavaScript distincts, chacun conçu pour maximiser les gains des attaquants. Parmi leurs cibles : les plateformes d’échange de cryptomonnaies (Coinbase, Binance, Kraken, MetaMask) et les portefeuilles numériques. Les pirates pouvaient intercepter les sessions actives, modifier les pages de connexion pour voler les identifiants, ou encore afficher de fausses notifications de mise à jour pour inciter les victimes à exécuter des commandes dangereuses. Une technique inspirée de ClickFix, déjà utilisée par des groupes de hackers d’État.

Une faille technique exploitant les politiques de sécurité des sites

Pour contourner les protections des sites web, les attaquants ont neutralisé les Content Security Policy (CSP), ces règles qui limitent l’exécution de scripts externes. Cette manipulation leur a permis d’injecter du code malveillant directement dans les pages consultées, transformant des sites légitimes en vecteurs de piratage. Les victimes, souvent inconscientes, devenaient ainsi des relais involontaires de la cybercriminalité.

Que faire pour se protéger ? Les experts recommandent la vigilance

Les spécialistes en cybersécurité conseillent de désinstaller immédiatement toute extension suspecte et de vérifier régulièrement les permissions accordées aux outils installés. Ils recommandent également d’utiliser des gestionnaires de mots de passe et des authentifications à deux facteurs pour limiter les risques de vol de comptes. Une mise à jour des navigateurs et des extensions est également cruciale, mais ne suffit pas à elle seule à écarter toutes les menaces. La prudence reste le meilleur rempart contre ces attaques en constante évolution.

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