Un groupe transpartisan de députés nigérians, le Save Democracy Group, a vivement critiqué la composition du conseil de campagne du président Bola Tinubu en vue de l'élection de 2027. Ces élus alertent sur les risques de confusion entre les missions régaliennes de l'État et les intérêts partisans, appelant les hauts fonctionnaires concernés à se retirer de ces fonctions politiques.
La neutralité des institutions de défense en question
Le cœur de la controverse porte sur l'implication de responsables de la sécurité, notamment le ministre de la Défense et son ministre délégué, au sein du comité de sécurité et de renseignement de la campagne. Les députés soulignent que ces fonctions exigent une neutralité absolue, particulièrement dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires persistants. Selon le groupe, cette double casquette pourrait altérer la perception de l'impartialité des forces armées, qui doivent demeurer au service de la nation et non d'une formation politique.
Risques de conflits d'intérêts dans la gestion financière
Le Save Democracy Group pointe également du doigt la nomination de figures clés de l'administration fiscale et budgétaire au sein des structures de collecte de fonds du parti au pouvoir. La présence du président du Nigeria Revenue Service et du directeur général du Budget de la Fédération dans l'équipe de campagne est jugée problématique. Les parlementaires craignent que ces rôles ne créent une confusion entre les ressources publiques et le financement partisan, affaiblissant ainsi la confiance des citoyens dans l'équité du système fiscal et la gestion budgétaire nationale.
Un appel à la séparation des fonctions
Face à ce qu'ils qualifient de « brouillage dangereux » des frontières entre l'appareil d'État et la machine électorale, les membres du groupe exigent une clarification. Ils soutiennent qu'un responsable chargé de missions sensibles pour l'intérêt général ne peut, simultanément, agir comme un opérateur financier ou politique pour un candidat. En conséquence, les élus demandent aux fonctionnaires concernés de choisir entre leurs responsabilités publiques et leur engagement partisan, suggérant la démission de ceux qui souhaitent s'impliquer activement dans la campagne électorale.