La publication de 170 000 documents officiels, longtemps restés confidentiels, met en lumière la gestion controversée de la qualité de l'air à New York après les attentats du 11 septembre 2001. Ces archives confirment que les autorités avaient connaissance de la présence massive d'amiante et de contaminants toxiques alors qu'elles assuraient aux citoyens que l'air était sans danger.
La preuve d'une dissimulation délibérée
Les dossiers révélés, dont certains remontent à octobre 2001, contredisent les déclarations rassurantes faites à l'époque par les autorités municipales et fédérales. Alors que le public était encouragé à retourner travailler ou habiter près du site de Ground Zero, des rapports internes documentaient la présence généralisée d'amiante. Le maire Zohran Mamdani a dénoncé une tromperie ayant eu des conséquences sanitaires dramatiques, soulignant que le nombre de décès liés aux maladies respiratoires et aux cancers causés par ces poussières dépasse désormais le bilan humain direct des attentats.
Des recommandations sanitaires dangereuses
Parmi les documents figurent des échanges internes alarmants, notamment le « Harding Memo », qui anticipait dès 2001 des dizaines de milliers de poursuites judiciaires contre la ville. Ces archives révèlent également des directives inappropriées données aux habitants, comme celle de nettoyer les débris toxiques avec de simples serpillières humides, une pratique totalement inadaptée face à la dangerosité de l'amiante, dont le retrait nécessite normalement une intervention professionnelle spécialisée.
Une bataille juridique pour la transparence
La mise en ligne de ces archives fait suite à une action en justice menée par l'organisation 9/11 Health Watch. La ville de New York, qui affirmait initialement ne pas détenir ces dossiers, a finalement retrouvé 68 boîtes de documents l'année dernière. Ce portail numérique, ouvert à l'approche du 25e anniversaire des attentats, permet désormais aux chercheurs et aux familles des victimes de mieux comprendre l'exposition aux toxines subie par des milliers de personnes. Pour les proches des disparus, cette transparence tardive est une étape nécessaire pour reconnaître les responsabilités institutionnelles dans la crise sanitaire qui perdure encore aujourd'hui.