L'Association des commerçants de Modebeb, située à Onitsha dans l'État d'Anambra, a officiellement saisi l'Inspecteur général de la police nigériane. Ils dénoncent une campagne de harcèlement, des menaces physiques et la destruction de leurs espaces commerciaux, sur fond de litige persistant concernant la gestion et la propriété foncière de leur place de marché.
Destructions immobilières et litiges fonciers
Le conflit, qui dure depuis deux ans, a franchi un cap critique en 2025 avec la démolition de quatre bâtiments commerciaux, notamment aux numéros 77 et 79. Selon les représentants des commerçants, ces actes s'accompagnent de manœuvres frauduleuses visant à falsifier les titres de propriété de la structure, initialement enregistrée sous le nom de Osumakan Model Ventures. Ces actions ont non seulement paralysé l'activité économique locale, mais ont également privé de nombreux investisseurs de leurs moyens de subsistance.
Allégations d'abus de pouvoir et d'intimidations
Les commerçants pointent du doigt l'utilisation présumée de forces de sécurité pour asseoir une domination illégitime. Des membres de l'association affirment que des unités de police, incluant des éléments d'un commandement anti-narcotiques local, auraient été mobilisées pour intimider les occupants. Le porte-parole des commerçants, Okey Muojekwu, a rapporté avoir été victime d'une agression à l'arme blanche, tandis que d'autres membres auraient été arbitrairement interpellés et détenus, sans qu'aucune suite judiciaire efficace ne soit donnée à ces plaintes malgré des signalements répétés aux autorités locales.
Crise de gouvernance au sein du marché
Au cœur de ces tensions se trouve également une controverse sur la représentativité syndicale. Le président de l'association, Tochukwu Umeh, conteste la légitimité de l'intervention du gouvernement de l'État d'Anambra dans la destitution de dirigeants élus par les commerçants eux-mêmes. Cette ingérence politique a créé un vide et une confusion, permettant à certains individus de s'imposer à la tête du marché sans processus démocratique. Les commerçants dénoncent une tentative d'éviction forcée, orchestrée par des acteurs se prévalant de protections policières pour agir en toute impunité.
Appel à une intervention fédérale
Face à l'inefficacité des recours au niveau local et à la persistance des menaces, l'association demande une enquête approfondie de la part de l'Inspecteur général de la police. L'objectif est double : établir la vérité sur la propriété des sites détruits et garantir la sécurité des commerçants afin qu'ils puissent reprendre leurs activités dans un cadre légal et apaisé. Les plaignants insistent sur la nécessité d'une intervention neutre pour mettre fin à ce qu'ils qualifient d'abus de pouvoir systématique.