Des chercheurs de l'Institut des sciences des matériaux de Madrid (ICMM-CSIC) ont mis au point une technologie innovante capable de filtrer les nanoplastiques, des fragments invisibles mille fois plus petits que les microplastiques. Cette avancée scientifique, publiée dans le Chemical Engineering Journal, propose une solution efficace pour assainir les ressources en eau tout en s'inscrivant dans une démarche d'économie circulaire.
La structure en nanofleurs au service de l'efficacité
Le cœur de cette innovation repose sur des nanoparticules d'oxyde de fer façonnées en « nanofleurs ». Cette géométrie spécifique permet de multiplier les noyaux magnétiques au sein d'une même structure, renforçant ainsi leur capacité d'attraction. Selon les travaux de l'équipe menée par Álvaro Gallo-Córdova, un seul gramme de ce matériau peut capturer jusqu'à 10 000 milligrammes de nanoplastiques, une performance inédite pour le traitement des résidus issus du PET, omniprésent dans les emballages et les textiles.
Une valorisation des déchets en agents dépolluants
L'originalité du procédé réside dans la transformation des polluants capturés. Une fois les nanoplastiques piégés, ils sont convertis en matériaux fonctionnels capables d'extraire des métaux lourds ou des colorants organiques présents dans l'eau. Ce processus permet de transformer un déchet environnemental en un outil de dépollution secondaire, offrant ainsi une seconde vie aux résidus plastiques tout en limitant le recours à de nouvelles matières premières.
Stabilité et efficacité énergétique
Le dispositif se distingue également par sa durabilité et sa faible empreinte énergétique. Le chauffage magnétique, appliqué de manière localisée à la surface des particules, évite de chauffer l'ensemble du volume d'eau traité. Les tests de stabilité confirment la robustesse du système : après cinq cycles d'utilisation, les nanofleurs conservent 88 % de leur capacité de capture initiale, avec un relargage de fer inférieur à 0,82 %. Ces résultats ouvrent la voie à une application industrielle pour le traitement avancé des eaux, offrant une perspective concrète pour la gestion de la pollution plastique à l'échelle microscopique.