Des coureuses ont défilé à Téhéran sans hijab, rappelant les mobilisations massives de 2022, alors que le même jour des femmes voilées manifestaient en faveur du gouvernement et de l’effort de guerre.
Une course historique sans hijab
Des centaines de femmes ont pris le départ d’une course officielle dans la capitale iranienne, toutes dépourvues du voile obligatoire. L’événement, organisé dans le cadre d’une compétition sportive locale, s’est transformé en une démonstration publique de désobéissance à la législation sur le hijab, qui impose le port du voile aux femmes dans les espaces publics. Les participantes, jeunes et plus âgées, ont déclaré courir pour « la liberté de choisir son apparence » et pour rappeler les revendications du mouvement « Women, Life, Freedom » qui a secoué le pays en 2022.
Le contraste d’une marche voilée pro‑gouvernementale
Le même après‑midi, des milliers de femmes voilées ont défilé dans les rues de Téhéran, brandissant des drapeaux nationaux et des slogans en faveur du gouvernement et du conflit armé en cours. Cette marche, soutenue par des autorités locales, visait à montrer la loyauté de certaines couches de la société envers l’État et à contrer les images de dissidence. Le double spectacle – coureurs non voilées d’un côté, manifestantes voilées de l’autre – a été qualifié par les observateurs de « tale of two cities », illustrant la fracture profonde entre les aspirations individuelles et les exigences officielles.
Implications pour les droits des femmes et la politique iranienne
Le fait que des femmes s’expriment ouvertement contre le hijab lors d’un événement sportif signale une évolution des tactiques de contestation. Au lieu de grandes manifestations de rue, les activistes utilisent des cadres institutionnels pour faire passer leurs messages, réduisant ainsi le risque d’arrestations massives. Cette stratégie pourrait pousser les autorités à réévaluer la sévérité de l’application du code vestimentaire, surtout si le phénomène se répète dans d’autres villes. En parallèle, la marche pro‑gouvernementale montre que le régime continue de mobiliser une partie de la population, notamment dans le contexte d’une guerre qui mobilise les ressources nationales.
Réactions nationales et internationales
Les médias locaux ont couvert les deux événements avec des tonalités opposées : les organes d’État ont salué la marche des femmes voilées comme un acte de patriotisme, tandis que les plateformes indépendantes ont mis en avant la course comme un acte de courage. À l’international, des organisations de défense des droits humains ont dénoncé la persistance du code du hijab et ont appelé à la libération des femmes arrêtées lors de précédentes protestations. Les analystes estiment que ces manifestations parallèles pourraient devenir un baromètre de la stabilité sociale en Iran, indiquant si la pression populaire pourra influencer les politiques de genre à moyen terme.