Suite aux élections législatives du 23 septembre, plusieurs candidats non élus ont lancé des démarches juridiques pour contester les résultats. Cette mobilisation intervient alors que les avocats du pays sont en grève, soulevant des tensions entre exigences légales et protestations professionnelles.
Des candidats mobilisent les cabinets d’avocats dès le lendemain des scrutins
Des membres de partis politiques mécontents des listes publiées par le ministère de l’Intérieur ont, dès le jeudi suivant le vote, sollicité des cabinets d’avocats afin de préparer des dossiers de recours. Selon des sources consultées, ces démarches visent à contester les procès‑verbaux des préfectures et provinces, ainsi que la répartition des sièges au Parlement. Les candidats disposent d’un délai légal strict pour déposer leurs requêtes devant les juridictions administratives compétentes.
La grève des avocats, annoncée jusqu’au 7 octobre 2026, ne freine pas tous les praticiens
L’Association des barreaux du Maroc a déclaré la suspension de ses prestations professionnelles jusqu’au 7 octobre 2026. Néanmoins, plusieurs avocats ont choisi de poursuivre leurs activités pour répondre aux besoins urgents des candidats. Ces praticiens justifient leur implication par la proximité des échéances légales, estimant que le respect du droit à un recours effectif prime sur la mobilisation collective.
Le débat interne au barreau : respect de l’accord collectif ou service public ?
Cette situation a déclenché un débat au sein de la profession. Certains avocats dénoncent une violation de l’accord collectif qui prévoit la suspension totale des activités judiciaires pendant la grève, arguant que travailler dans ces conditions affaiblit la cohérence du mouvement. D’autres, en revanche, soulignent l’obligation de garantir l’accès à la justice, notamment lorsqu’il s’agit de contestations électorales qui peuvent influer sur la composition du pouvoir législatif.
Vers une réunion d’urgence entre l’Association des barreaux et les formations politiques
Des sources professionnelles estiment que l’Association des barreaux pourrait convoquer une réunion exceptionnelle avec les représentants des partis politiques concernés. L’objectif serait de définir un cadre temporaire permettant aux avocats de traiter les recours électoraux sans compromettre la grève, voire d’envisager une suspension partielle des revendications pendant la période critique.
Implications pour le processus électoral et la confiance citoyenne
Si les recours sont déposés dans les temps, ils pourraient entraîner la révision de listes électorales ou, dans le pire des cas, la tenue de nouvelles élections partielles. Au-delà de l’enjeu juridique, la capacité du système judiciaire à fonctionner malgré la grève influence la perception de la légitimité des institutions et la confiance des électeurs dans le processus démocratique.