Une nouvelle campagne de désinformation, utilisant des vidéos manipulées de célébrités, tente d'influencer les élections de mi-mandat aux États-Unis. Attribuée à des acteurs pro-russes, cette offensive numérique cherche à discréditer le camp démocrate en détournant des contenus vidéo authentiques.
Un mode opératoire rodé par le groupe Matriochka
Les experts en cybersécurité et le collectif Antibot4Navalny ont identifié la signature du groupe « Matriochka » derrière ces contenus. Ce collectif, déjà impliqué dans des opérations d'ingérence en France, en Allemagne, en Hongrie et en Arménie, utilise des vidéos détournées, notamment issues de la plateforme Cameo, pour faire tenir des propos politiques radicaux à des personnalités publiques. Des actrices comme Alyson Hannigan ou Emma Caulfield ont vu leur image utilisée à leur insu pour diffuser des messages hostiles aux démocrates, souvent accompagnés du logo de la chaîne CNN pour renforcer une fausse crédibilité.
La réaction des personnalités et des institutions
Face à cette usurpation, les célébrités visées ont exprimé leur indignation, qualifiant ces imitations de « pâles » et de « sans âme ». Les acteurs concernés, tels qu'Ed Begley Jr et Eric Roberts, ont formellement démenti les propos qui leur sont prêtés, soulignant leur désaccord total avec les messages diffusés. De son côté, la chaîne CNN a dénoncé une utilisation non autorisée de son identité visuelle, tandis que plusieurs plateformes sociales, dont X, TikTok et Bluesky, ont procédé au retrait de certains contenus signalés.
Un enjeu de sécurité électorale
Bien que l'impact réel de ces campagnes de désinformation soit jugé relativement faible par les analystes, elles constituent, selon les experts, une « première salve » dans le cadre des élections de mi-mandat. L'objectif semble être de tester des tactiques d'influence à grande échelle en ciblant des candidats spécifiques, comme Jon Ossoff en Géorgie ou James Talarico au Texas. Pour les observateurs, ces manœuvres permettent surtout d'identifier les axes de communication privilégiés par Moscou pour tenter de fragiliser le processus démocratique américain, dans un contexte où le contrôle du Congrès est un enjeu majeur.