Plus de deux cents agriculteurs d’Akyem Asene, dans la région orientale du Ghana, ont protesté devant les autorités pour obtenir une compensation suite à la destruction de leurs exploitations par l’élargissement de l’autoroute Accra‑Kumasi. Ils dénoncent l’absence de mesures d’évaluation et les difficultés financières qui en résultent, notamment pour l’éducation de leurs enfants.
Une mobilisation locale pour faire entendre la voix des producteurs
Le 15 février 2026, des agriculteurs vêtus de morceaux de tissu rouge autour du cou et des bras ont envahi les rues principales d’Asene avant de se rassembler sur le terrain du durbar. Plus de 200 personnes, dont les leaders Kofi Koranteng Sarpong, Yaw Peprah, Da Costa Asamoah et Yaw Ampomah Asiedu, ont pris la parole devant les médias pour exposer les conséquences de la perte de leurs terres.
Des pertes de revenus qui menacent la subsistance et l’éducation
Les parcelles détruites comprenaient des plantations de cacao, des cultures vivrières et des palmiers à huile, sources principales de revenus pour les familles concernées. Da Costa Asamoah a indiqué que son exploitation de huit acres de cacao, qui générait en moyenne 40 000 GH¢ par an, a été rasée en février 2026, le plongeant dans une précarité financière. D’autres agriculteurs ont souligné que l’absence de revenus rend difficile le paiement des frais de scolarité de leurs enfants inscrits dans l’enseignement supérieur.
Le gouvernement confronté à l’absence d’évaluation officielle
Selon Kofi Koranteng Sarpong, plus de vingt exploitations n’ont toujours pas fait l’objet d’une mesure par les géomètres, ce qui empêche de calculer le montant d’indemnisation dû. Samuel Tieku, responsable de l’équipe d’enquête de la Ghana Highway Authority (GHA) chargée du projet, a confirmé que certaines parcelles n’avaient pas encore été évaluées. Il a expliqué que la largeur prévue de l’autoroute était initialement de 120 mètres, mais a été portée à 150 mètres, entraînant la saisie de terres supplémentaires non prévues dans les plans initiaux.
Implications pour la sécurité alimentaire et les politiques d’infrastructure
La destruction de cultures vivrières et de plantations de cacao soulève des questions de sécurité alimentaire dans la région, où l’agriculture représente un pilier économique. Le différend met également en lumière la nécessité d’une meilleure coordination entre les projets d’infrastructure nationale et les communautés locales, afin d’éviter des pertes de moyens de subsistance et de garantir une compensation équitable. Les agriculteurs attendent désormais que le gouvernement finalise les mesures d’évaluation et débloque les fonds d’indemnisation, condition indispensable pour restaurer leurs moyens de vie et assurer la continuité de l’éducation de leurs enfants.