Le dernier message de Djiby Mbaye, coordonnateur national du collectif des ex-détenus politiques (CODEPS), a été rendu public ce mercredi par des militants de Pastef Les Patriotes après son décès. Dans cette lettre, il revient sur les séquelles physiques et psychologiques liées à ses périodes de garde à vue et de détention, tout en interpellant les autorités sur la situation des ex-détenus politiques.
Djiby Mbaye évoque dans son texte les conséquences durables des épreuves subies en détention, notamment les tortures, les infections et la promiscuité. Il souligne que ces expériences ont exposé les victimes à des vulnérabilités persistantes, certaines séquelles pouvant « se réveiller du jour au lendemain ». Il décrit également les difficultés d’accès aux soins, évoquant des hôpitaux où « il manque de tout », un personnel de santé « dévoué mais en sous-effectif criard », et des dépenses médicales élevées supportées par les patients.
Dans sa lettre, il appelle les responsables de l’État à accélérer la prise en charge des victimes, en insistant sur les volets médical, social et de réinsertion. Selon le texte source, il mentionne des demandes spécifiques : financement pour des victimes, traitement médical pour d’autres, formation professionnelle, réinsertion de diplômés et assistance pour les familles de martyrs. Il estime que cette prise en charge « n’est pas insurmontable » pour un État et invite chaque niveau de responsabilité, du président de la République aux maires, à s’emparer du dossier.
Djiby Mbaye conclut en encourageant les autres victimes à maintenir leur engagement. Il affirme que la cause défendue reste collective et que, « ensemble avec Pastef Les Patriotes », les objectifs à court et long terme permettront de « mettre définitivement le Sénégal sur les rampes du développement ».
Cette publication intervient dans un contexte où les questions de réparation et de réinsertion des ex-détenus politiques occupent une place centrale dans le débat public au Sénégal. Les revendications portées par des collectifs comme le CODEPS s’inscrivent dans une dynamique plus large de reconnaissance des violences politiques et de leurs conséquences sur les individus et la société.