À Matadi, principale ville portuaire de la République démocratique du Congo, l’annonce du déplacement du marché transfrontalier d’Ango-Ango/Noki suscite une vive inquiétude parmi les petits commerçants transfrontaliers. Ces acteurs économiques, souvent précaires, dépendent largement de cette plateforme d’échange pour leur subsistance.
Le marché d’Ango-Ango/Noki, situé à la frontière entre la RDC et un pays voisin, joue un rôle clé dans les échanges commerciaux informels entre les deux territoires. Il permet notamment aux commerçants de Matadi d’écouler des produits locaux ou importés, tout en facilitant l’accès à des biens essentiels pour les populations frontalières. Son fonctionnement repose sur une dynamique transfrontalière ancienne, intégrée dans les habitudes économiques locales.
Les craintes exprimées par les commerçants portent principalement sur deux aspects : la potentielle baisse de leur activité commerciale et les risques sécuritaires liés à ce déplacement. Pour ces acteurs, dont les revenus dépendent directement de la fréquentation du marché, toute modification de son emplacement ou de son organisation pourrait entraîner une perte de clientèle et, par ricochet, une diminution de leurs marges. Les échanges transfrontaliers, déjà fragilisés par des contraintes logistiques et administratives, pourraient ainsi subir un nouveau coup dur.
Sur le plan sécuritaire, les commerçants redoutent que le nouveau site envisagé ne soit pas aussi adapté que l’actuel, en termes d’accès ou de surveillance. Les marchés frontaliers, souvent situés dans des zones isolées ou peu contrôlées, sont régulièrement confrontés à des problèmes de sécurité, comme des vols ou des tensions entre acteurs économiques. Un déplacement mal préparé pourrait aggraver ces risques, mettant en péril non seulement les commerçants, mais aussi les populations locales qui dépendent de ces échanges.
Les autorités locales n’ont pas encore précisé les modalités de ce déplacement, ni les alternatives proposées aux commerçants. Cette incertitude alimente les craintes et laisse planer des interrogations sur la viabilité des solutions envisagées. Dans un contexte où l’économie informelle représente une part majeure de l’activité économique en Afrique centrale, la gestion de ce dossier pourrait avoir des répercussions bien au-delà de Matadi.