Départs massifs au sein du parti au pouvoir au Sénégal

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 33 lectures
Départs massifs au sein du parti au pouvoir au Sénégal

Le parti au pouvoir au Sénégal, Pastef-Les Patriotes, fait face à une crise interne majeure marquée par une série de démissions en cascade de cadres nationaux, responsables de la Jeunesse patriote sénégalaise (JPS) et élus locaux. Ce mouvement, qui s’est accéléré le 22 juillet 2026, survient dans un contexte de tensions croissantes entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale ainsi que leader du parti, Ousmane Sonko.

Une crise révélée par des départs symboliques

Plusieurs figures nationales de premier plan ont annoncé leur retrait du parti, dont le Dr El Hadji Mansour Diop, directeur général de l’hôpital Aristide Le Dantec. Dans une lettre ouverte adressée à Ousmane Sonko le 22 juillet 2026, il a dénoncé des dérives internes, évoquant des règlements de comptes, de la censure et un manque de reconnaissance envers les militants. Son exclusion, sans préavis, d’un groupe WhatsApp interne du mouvement MONCAP Santé, le 16 juillet, a servi de déclencheur à sa démission.

Parmi les autres départs notables figurent ceux de Khouraichi Thiam, directeur général du FAISE et membre influent du MONCAP, ainsi que de Babacar Faye, secrétaire national chargé des opérations électorales, après une décennie de militantisme. Fatou Kiné Diakhaté, ex-coordonnatrice du MONCAP, et Cheikh Saad-Bouh Diouf, coordonnateur national du Mouvement des patriotes handicapés (MONAPH), ont également quitté le parti. Mame Mayoro Dieng, membre fondateur de la section Pastef de Louga, a également annoncé son départ.

Le Dr Lansana Gagny Sakho, président du conseil d’administration de l’Apix, a affiché son soutien au chef de l’État sans pour autant quitter formellement le parti, illustrant la complexité des positionnements internes.

La Jeunesse patriote sénégalaise (JPS) en première ligne

La structure de jeunesse du parti, la JPS, apparaît comme l’un des foyers les plus actifs de la contestation. Plusieurs de ses responsables nationaux et locaux ont annoncé leur retrait, dont Bakary Bass Sakho, membre du Bureau exécutif national, et Ousmane Sonko Jr, vice-coordonnateur national. Les démissions se sont également étendues aux coordinations territoriales, avec des départs signalés à Bignona, Niakhar, Gossas, Sangalkam et Keur Massar.

À l’échelon local, plusieurs responsables ont également choisi de quitter le parti, notamment Mamadou Ndao, directeur des centres fiscaux de Mbour, et Bouna Seck, ex-coordonnateur communal de la JPS à Linguère. D’autres figures, comme El Hadji Thiam Niass à Taïba Niassène, Aly Fourou Ba à Salémata, et Cheikh Baye Mbaye Niass Al Kaolackhi à Kaolack, ont également annoncé leur départ après des années de militantisme.

Un malaise profond au sein du parti

Ces vagues de démissions, loin d’être anodines, révèlent un malaise profond au sein de l’appareil du parti. Selon une analyse, la direction semble davantage focalisée sur le remplissage de son fichier d’adhérents que sur le travail de fond nécessaire au maintien de la cohésion interne. Cette crise survient dans un contexte de recomposition politique accélérée, alors que le chef de l’État s’apprête à annoncer la création de sa propre formation politique.

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