Dans une lettre ouverte adressée au président Bola Ahmed Tinubu, Denge Josef Onoh, ancien porte-parole de la campagne présidentielle de l'APC pour le Sud-Est, appelle à une intervention politique pour clore les poursuites judiciaires visant l'ancien gouverneur de l'État de Kaduna, Nasir El-Rufai. Cette démarche, qui invoque les prérogatives constitutionnelles du chef de l'État, soulève la question de l'équilibre entre l'indépendance de la justice et la nécessité de réconciliation au sein de la classe politique nigériane.
Les fondements juridiques de la demande de clémence
La requête de Denge Josef Onoh s'appuie explicitement sur les sections 174 et 175 de la Constitution nigériane de 1999. La première autorise le Procureur général de la Fédération à interrompre des poursuites pénales au nom de l'intérêt public, tandis que la seconde consacre le droit de grâce présidentiel. L'auteur de la lettre exhorte le président Tinubu à faire preuve de « sagesse politique » en privilégiant la réconciliation sur la rétribution, citant en exemple historique le pardon accordé par l'ancien président Shehu Shagari à Chukwuemeka Odumegwu-Ojukwu en 1982.
Le poids politique de Nasir El-Rufai
L'argumentaire de M. Onoh repose sur le rôle déterminant joué par Nasir El-Rufai lors de la campagne présidentielle de 2023. Malgré une personnalité décrite comme « rigide » et difficile, l'ancien gouverneur est présenté comme un architecte clé de la victoire de l'APC. Pour M. Onoh, laisser un allié politique de premier plan faire face à des poursuites judiciaires — notamment celles initiées par les services de renseignement (DSS) pour une affaire d'interception illégale de communications — risque d'accentuer les fractures au sein de la coalition au pouvoir.
Un enjeu de stabilité nationale
Alors que la Haute Cour fédérale d'Abuja doit rendre sa décision sur une requête de non-lieu le 26 octobre, l'appel à la clémence intervient dans un contexte de tensions politiques. Denge Josef Onoh insiste sur le fait qu'une intervention présidentielle ne constituerait pas un signe de faiblesse, mais une démonstration de maturité politique visant à préserver la stabilité structurelle du pays. Il met en garde contre l'isolement de figures politiques influentes, estimant que le pays a davantage besoin d'unité que de prolonger des conflits judiciaires qui pourraient, selon lui, nuire à la cohésion nationale.