Cinq directeurs de la Direction générale de l’Enseignement supérieur (DGES) ont annoncé leur démission simultanée, révélant des divergences profondes avec le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara. Selon le communiqué signé par les cinq responsables, ces désaccords portent sur plusieurs dossiers stratégiques du secteur, notamment le projet Espoir-Jeunes, le programme « un étudiant, un ordinateur » et des projets de décrets relatifs aux bourses d’études et aux amicales étudiantes.
Le projet Espoir-Jeunes, doté d’une enveloppe de 123 milliards de francs CFA, vise la construction de huit Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) dans différentes régions du pays, ainsi que l’extension de l’ISEP de Diamniadio et le financement de la recherche à impact. Les démissionnaires soulignent que ces chantiers, issus de mois de travail et de résultats concrets, seraient aujourd’hui compromis par de nouvelles orientations ministérielles jugées contraires à leur esprit initial. Ils dénoncent également une remise en cause du programme « un étudiant, un ordinateur », qui, selon eux, devait être refondé après près de dix ans de fonctionnement en dehors du cadre légal de la commande publique, notamment via la création d’unités d’assemblage au sein des universités.
Dans leur déclaration, les cinq professeurs revendiquent avoir œuvré pour une refondation sans concession de l’université sénégalaise, s’appuyant sur le rapport de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Antesri), qui comprend 75 recommandations, ainsi que sur 34 projets de textes juridiques élaborés avant la nomination du ministre Boubacar Camara. Ces documents, selon le texte source, auraient servi de base à leurs actions avant que les orientations ministérielles ne s’en écartent.
Cette crise survient dans un contexte où l’enseignement supérieur sénégalais fait face à des défis majeurs, notamment l’adaptation des infrastructures aux besoins croissants des étudiants, la modernisation des méthodes pédagogiques et l’amélioration de l’accès aux outils numériques. Les divergences entre les démissionnaires et le ministre illustrent les tensions autour de la gouvernance du secteur, entre continuité des réformes engagées et nouvelles priorités ministérielles.
Les cinq directeurs démissionnaires, dont les noms sont cités dans le texte source, n’ont pas précisé leurs projets immédiats, mais leur départ simultané souligne l’ampleur des désaccords au sein de la DGES. Leur communiqué laisse entrevoir une opposition entre une vision portée par des acteurs historiques du secteur et une approche ministérielle qui, selon eux, s’en éloigne.