Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a tiré la sonnette d’alarme le 5 novembre : le déficit public prévu dans la loi de finances rectificative (LFR) 2026 s’élèverait à 7,6 % du PIB, soit plus du double du seuil de convergence fixé par l’Union économique et monétaire ouest‑africaine (UEMOA).
Un écart majeur avec les objectifs de l’UEMOA
Le critère de convergence de l’UEMOA impose un plafond de déficit public de 3 % du PIB. La nouvelle prévision de 7,6 % dépasse largement ce seuil, ce qui place le Sénégal en situation de non‑conformité vis‑à‑vis des engagements régionaux. Cette divergence risque de compliquer l’accès aux financements communautaires et de remettre en cause la discipline budgétaire attendue des États membres.
De 3,4 % à 7,6 % : l’évolution du budget 2026
Initialement, le projet de loi de finances 2026 prévoyait un déficit de 3,4 % du PIB, proche du plafond de l’UEMOA. Selon le quotidien Rewmi, les dernières estimations portent ce chiffre à 7,6 %. Cette hausse reflète soit une sous‑estimation des dépenses, soit une révision à la hausse des recettes attendues, ou les deux. Aïssata Tall Sall a souligné que cette évolution met en cause la crédibilité de la trajectoire de redressement annoncée par le gouvernement.
Réactions parlementaires et contestation du projet de loi
Le 24 octobre, le groupe Takku Wallu Sénégal s’est abstenu lors de la commission chargée d’examiner le projet de loi de finances rectificative, contestant les prévisions budgétaires. Cette abstention, suivie de la prise de parole publique de Tall Sall, traduit une inquiétude au sein de l’opposition quant à la transparence et à la viabilité du plan budgétaire. Le débat parlementaire pourrait conduire à des ajustements ou à une révision plus approfondie du texte avant son adoption finale.
Enjeux pour la politique économique sénégalaise
Un déficit de 7,6 % implique un recours accru à l’endettement extérieur ou à la mobilisation de ressources internes, ce qui pourrait alourdir la charge de la dette publique. Le gouvernement devra justifier les raisons de cet écart et proposer des mesures correctives pour respecter les exigences de l’UEMOA, sous peine de sanctions ou de restrictions de financement. La crédibilité du redressement budgétaire, pilier de la stabilité macroéconomique, est ainsi mise à l’épreuve.