Face à la dégradation des comptes publics, le rapporteur du budget à l'Assemblée nationale, Philippe Juvin, appelle à des mesures drastiques pour éviter que le déficit ne dépasse le seuil des 5 % du PIB en 2026. Ses propositions, centrées sur une réforme profonde des retraites et une restructuration du système de santé, visent à générer entre 30 et 35 milliards d'euros d'économies.
Un relèvement de l'âge de départ à 68 ans
Le député des Hauts-de-Seine place la question des retraites au cœur de sa stratégie de redressement budgétaire. Selon lui, toute tentative de rétablir l'équilibre financier sans une réforme structurelle du système est illusoire. Il préconise un allongement significatif de la durée de travail, évoquant une montée en charge progressive de l'âge de départ pouvant atteindre 68 ans. Conscient de l'absence de consensus politique actuel, il prévoit néanmoins de déposer un amendement visant à réactiver les mécanismes de réforme précédemment suspendus.
Rationalisation du maillage hospitalier
Outre les retraites, le secteur de la santé est identifié comme un levier majeur d'économies. Philippe Juvin cible spécifiquement les établissements hospitaliers de petite taille. Son argument repose sur une logique de performance et de qualité des soins : il estime que ces structures ne disposent plus des moyens nécessaires pour garantir une prise en charge optimale des patients. La fermeture de ces unités est présentée comme une nécessité pour assainir les dépenses publiques, qui constituent l'un des postes les plus lourds du budget de l'État.
Simplification de l'organisation administrative
Au-delà des secteurs de la santé et des retraites, le rapporteur du budget pointe du doigt la complexité de l'organisation territoriale française. Il dénonce un « millefeuille administratif » composé de strates multiples, allant des communes aux régions en passant par les intercommunalités et les départements. Pour l'élu, la simplification de cet écheveau institutionnel représente une piste indispensable pour réduire les dépenses de fonctionnement et améliorer l'efficacité de l'action publique. Ces mesures, bien que présentées comme nécessaires par le député, soulignent l'ampleur des défis budgétaires auxquels la France devra faire face lors des prochains débats sur le projet de loi de finances pour 2027.