La startup Deep Fission propose une rupture technologique majeure en concevant des réacteurs nucléaires destinés à être installés à 1,6 kilomètre sous terre. Cette approche vise à s'affranchir des infrastructures de génie civil massives, responsables d'une part prépondérante des coûts de construction actuels.
Une architecture souterraine pour optimiser les coûts
Le modèle économique de Deep Fission repose sur une simplification radicale de la structure des centrales. En utilisant la pression naturelle du sous-sol et la protection offerte par la roche, l'entreprise ambitionne de réduire les dépenses d'investissement de 80 %. Le concept consiste à immerger un réacteur à eau pressurisée dans un puits foré, exploitant des technologies éprouvées issues de l'industrie pétrolière et de la géothermie. Chaque unité, d'une puissance de 15 mégawatts électriques, pourrait être déployée en grappes pour atteindre une capacité totale de 1,5 gigawatt sur un même site.
Défis logistiques et enjeux environnementaux
Malgré des promesses de tarifs compétitifs, estimés entre 5 et 7 cents par kilowattheure, le projet fait face à des défis techniques inédits. La maintenance et la surveillance d'installations situées à une telle profondeur imposent des contraintes logistiques complexes, notamment pour le renouvellement du combustible qui nécessite la remontée complète du réacteur. Par ailleurs, la sécurisation des nappes phréatiques environnantes constitue un point de vigilance majeur pour la viabilité environnementale du procédé.
Vers une application industrielle dès 2029
L'entreprise, qui a levé 122 millions de dollars, multiplie les étapes de validation. Des tests grandeur nature sur le système de descente et de remontée des caissons sont en cours à Parsons, dans le Kansas, où des forages exploratoires permettent d'analyser les données géologiques et hydrologiques. Ciblant prioritairement les besoins énergétiques croissants des centres de données, Deep Fission a déjà formalisé un partenariat avec Endeavour Energy. L'objectif affiché est une mise en service des premiers réacteurs à l'horizon 2029, marquant une étape décisive pour cette technologie émergente.