Le Major (retraité) Sulemana Abubakari, Tolon Naa, est décédé quelques jours après le Yaa Naa Abubakari Mahama II, intensifiant le deuil au sein du royaume traditionnel de Dagbon. Cette double perte touche à la fois la hiérarchie suprême et l’un des chefs les plus influents de la région, soulevant des interrogations sur la relève et la stabilité coutumière.
Un parcours au service de la nation et du royaume
Né en 1943 à Tali, le défunt a d’abord servi comme officier d’escorte du premier président ghanéen, le Dr Kwame Nkrumah, avant de rejoindre les Forces armées ghanéennes où il a atteint le grade de major. Son expérience militaire a façonné son rôle ultérieur de chef de la défense traditionnelle du Yaa Naa, chargé de mobiliser les guerriers et de protéger le territoire de Dagbon.
De régent à chef titulaire : 18 ans d’autorité à Tolon
Après le décès de son père, Alhassan Sulemana, il a été nommé régent de Tolon en 2001, fonction qu’il a occupée pendant 18 ans. En 2019, le Yaa Naa Abubakari Mahama II l’a officiellement enfilé du manteau de Tolon Naa, après avoir accompli les rites funéraires de son père. Cette accession a consolidé son statut de l’un des chefs seniors de la hiérarchie dagbonaise.
Conséquences pour la gouvernance coutumière de Dagbon
Le Tolon Naa était non seulement le chef de la défense, mais aussi un pilier du conseil des chefs qui conseille les autorités traditionnelles et, indirectement, les institutions étatiques. Sa disparition, si proche de celle du Yaa Naa, crée un vide au sommet de la structure traditionnelle, ce qui pourrait retarder les processus de nomination d’un nouveau Tolon Naa et, par ricochet, affecter la coordination sécuritaire et culturelle du royaume. Les autorités traditionnelles annoncent que les rites funéraires seront menés selon les coutumes islamiques et dagbonaises, mais les détails restent à préciser.