Al Amin Khalifah Fhimah, ancien employé de la compagnie Libyan Airlines, s'est éteint à l'âge de 70 ans à Tripoli. Acquitté en 2001 par la justice écossaise pour son implication présumée dans l'attentat de Lockerbie, le défunt restait une figure au cœur d'un dossier judiciaire international complexe et toujours actif.
Un acquittement historique aux Pays-Bas
En 1988, l'explosion du vol Pan Am 103 au-dessus de Lockerbie, en Écosse, avait causé la mort de 270 personnes. Après des années de pressions diplomatiques et de sanctions onusiennes, Al Amin Khalifah Fhimah et Abdulbasset Al Megrahi furent jugés devant une cour écossaise siégeant aux Pays-Bas. Si Al Megrahi fut reconnu coupable de meurtre de masse et condamné à la perpétuité, Fhimah fut officiellement acquitté des charges pesant contre lui, avant de regagner la Libye où il fut accueilli par le colonel Mouammar Kadhafi.
Le spectre d'un nouveau procès
Malgré son acquittement, le nom de Fhimah était revenu au centre des préoccupations judiciaires en 2022. Le FBI avait alors révélé de nouveaux éléments, notamment des aveux présumés d'un autre suspect libyen, Abu Agila Mohammad Masud Kheir Al-Marimi, impliquant Fhimah dans le complot terroriste. Ces développements avaient alimenté les spéculations sur la possibilité d'un second procès, rendu théoriquement envisageable par la loi écossaise sur la double incrimination (Double Jeopardy Act 2011), qui permet de rejuger un suspect si des preuves substantielles et inédites apparaissent.
Des enjeux juridiques persistants
La perspective d'une nouvelle action en justice, tant aux États-Unis qu'en Écosse, restait toutefois entourée d'une grande complexité juridique et diplomatique. Alors qu'Abu Agila Mohammad Masud Kheir Al-Marimi doit comparaître à Washington en janvier prochain, le décès de Fhimah clôt définitivement toute possibilité de poursuite à son encontre. La défense de Masud, qui conteste la validité de ses aveux en affirmant qu'ils ont été obtenus sous la contrainte, a récemment obtenu un nouveau report de son procès, soulignant la difficulté persistante à établir les responsabilités finales dans ce dossier vieux de près de quatre décennies.