Une conférence organisée par l'eurodéputée Rima Hassan lors des universités d'été de La France insoumise (LFI) a déclenché une vive controverse politique. La remise en question du délit d'apologie du terrorisme par une intervenante a suscité des réactions indignées au sein de la classe politique française.
Une remise en cause du cadre législatif antiterroriste
Lors d'un échange consacré à la « criminalisation et répression du mouvement de solidarité avec la Palestine », l'eurodéputée Rima Hassan a interrogé la pertinence de l'infraction d'apologie du terrorisme. En réponse, une juriste franco-palestinienne présente à ses côtés a plaidé pour l'abrogation pure et simple de ce délit. Selon elle, la notion de terrorisme est instrumentalisée comme une « arme » politique visant spécifiquement les quartiers populaires et les minorités, affirmant que le mouvement politique devrait cesser de se justifier face à de telles accusations.
Indignation dans la classe politique
Ces déclarations ont provoqué une levée de boucliers immédiate. Bruno Retailleau, figure des Républicains, a sommé Jean-Luc Mélenchon de désavouer ces propos, qualifiant le parti de « complice des ennemis de la France » et dénonçant une insulte à la mémoire des victimes. De son côté, l'élu au conseil de Paris Abdoulaye Kanté a exprimé son indignation, estimant que ces prises de position témoignent d'une perte de sens des réalités et de la mémoire collective nationale face à la menace terroriste.
Un contexte judiciaire tendu pour l'eurodéputée
La polémique intervient alors que Rima Hassan est elle-même directement concernée par cette thématique juridique. L'eurodéputée doit comparaître en octobre prochain pour répondre de faits d'apologie du terrorisme. Cette procédure judiciaire fait suite à un tweet publié en mars dernier, dans lequel elle citait un ancien membre de l'Armée rouge japonaise, auteur d'un attentat meurtrier à l'aéroport de Tel-Aviv en 1972. Ce procès constitue un point de tension majeur dans le paysage politique français, cristallisant les désaccords sur les limites de la liberté d'expression et la définition du terrorisme.