Le 2sTV a été le théâtre d’une polémique lorsque le présentateur Boubacar Diallo, alias Dj Boubs, a suggéré que la dissimulation de la dette publique faciliterait la réalisation de projets d’infrastructure majeurs. Cette prise de parole intervient alors que le montant total de la dette du Sénégal a été réévalué à 132 % du PIB, bien au‑delà des 74,4 % annoncés pour 2023.
Les propos de Dj Boubs et leurs répercussions
Lors du « Grand plateau du dimanche », Dj Boubs a affirmé que si le camouflage de la dette permettait d’avancer le Train express régional, le Bus Rapid Transit (BRT) et la construction d’autoroutes, il valait alors « cacher la dette ». Son intervention a rapidement alimenté les réseaux sociaux, où les internautes ont débattu de la légitimité d’une telle stratégie et de ses implications pour la gouvernance économique du pays.
Une dette publique largement sous‑déclarée
Les dernières estimations du ministère des Finances placent la dette publique sénégalaise à 132 % du produit intérieur brut à la fin de 2024. Cette hausse spectaculaire provient d’engagements non recensés, évalués entre 7 milliards et 11 milliards de dollars, soit entre 4 025 milliards et 6 325 milliards de francs CFA. Le contraste avec le taux de 74,4 % déclaré pour 2023 souligne une divergence importante entre les chiffres officiels et la réalité financière.
Enjeux pour les projets d’infrastructure
Le gouvernement sénégalais a fait du développement d’infrastructures un pilier de sa stratégie de croissance, avec des projets phares comme le Train express régional (TER) reliant Dakar à la banlieue, le BRT destiné à désengorger le trafic urbain, et plusieurs corridors autoroutiers. Financer ces ouvrages nécessite des ressources considérables, souvent mobilisées via la dette extérieure ou des partenariats public‑privé. La suggestion de « cacher » la dette pour débloquer ces fonds soulève la question de la viabilité à long terme et du risque de surendettement.
Implications pour la transparence budgétaire et la confiance des investisseurs
Une dette non déclarée ou mal évaluée peut affecter la notation souveraine du pays, augmenter le coût du financement et réduire la confiance des investisseurs étrangers. Les institutions financières internationales, dont le FMI et la Banque mondiale, insistent sur la nécessité d’une comptabilité claire pour garantir la stabilité macroéconomique. Le débat suscité par les propos de Dj Boubs met en lumière la tension entre ambition infrastructurelle et rigueur budgétaire.
Perspectives et pistes de suivi
Le gouvernement devra clarifier les engagements hors‑bilan et renforcer les mécanismes de suivi afin d’éviter toute perception de dissimulation. Parallèlement, la société civile et les médias continuent de jouer un rôle de contrôle, en appelant à une plus grande transparence et à un débat public ouvert sur les priorités de financement. Le suivi de l’évolution du ratio dette/PIB et des projets d’infrastructure sera crucial pour évaluer la capacité du Sénégal à concilier développement et soutenabilité financière.