Dans une campagne marquée par l’incertitude économique, les cinq chefs de partis québécois ont débattu mercredi soir des répercussions de la guerre tarifaire avec les États-Unis et des réformes budgétaires, à un peu plus de 10 jours des élections générales.
La crise tarifaire face aux critiques
La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, déclenchée après l’élection de Donald Trump, a été au cœur des échanges. Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), s’est défendue sur sa gestion de la crise, affirmant qu’elle n’avait pas entraîné l’« hécatombe » redoutée. Éric Duhaime, du Parti conservateur du Québec (PCQ), l’a accusée de n’avoir pas réagi assez rapidement après l’élection de Trump. Charles Milliard, du Parti libéral du Québec (PLQ), a contesté l’estimation de 30 000 emplois à risque avancée par Fréchette, estimant que le chiffre était sous-évalué. Paul St-Pierre Plamondon, du Parti québécois (PQ), a regretté que la négociatrice en chef du Québec n’ait pas été tenue informée publiquement par Ottawa.
Les promesses de réduction des dépenses
Les cinq chefs se sont engagés à aider les Québécois à traverser la crise économique, avec un consensus sur la nécessité de soutenir les entreprises. Toutefois, des divergences sont apparues sur la manière de réduire le déficit. Les partis CAQ, PQ, PLQ et PCQ ont évoqué des suppressions de milliers de postes de fonctionnaires. Ruba Ghazal, de Québec solidaire (QS), a mis en garde contre les impacts de ces coupes sur les services publics, affirmant que « tous les autres partis, c’est couper un peu, beaucoup ou passionnément ». Duhaime a plaidé pour une réduction de la bureaucratie et de la réglementation, dénonçant une « enfants-têmentisation » excessive de la vie publique.
Le référendum sur la souveraineté au cœur du débat
Paul St-Pierre Plamondon a réitéré son souhait d’organiser un troisième référendum sur la souveraineté du Québec une fois que Donald Trump aura quitté la Maison-Blanche. Il a invoqué les paroles de Jacques Parizeau pour défendre l’idée d’aller aux urnes et de réfléchir à l’avenir du Québec. Duhaime l’a accusé de vouloir « envoyer le Québec dans le mur », opposant un « camp du pessimisme » à un « camp de l’espoir ». Milliard a quant à lui défendu l’importance du lien avec le Canada, le présentant comme « un grand pays du G7 et une grande force commerciale internationale ».
Le sprint final de la campagne
Le débat, modéré par Patrice Roy à la Maison de Radio-Canada à Montréal, s’est déroulé de 20 à 22 heures. Cinq thèmes ont été abordés : l’avenir du Québec, l’insécurité économique, le mur budgétaire, le Québec fou de ses enfants, et la santé. Ce débat clôture la série des grands débats des chefs, après ceux diffusés par TVA et Noovo. Le vote par anticipation commence dimanche, tandis que le jour des élections est fixé au lundi 5 octobre.