De nouvelles preuves relancent le débat sur les complicités saoudiennes dans les attentats du 11 septembre

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 40 lectures
De nouvelles preuves relancent le débat sur les complicités saoudiennes dans les attentats du 11 septembre

Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre, de nouveaux éléments documentaires, issus de procédures judiciaires en cours, viennent fragiliser la thèse de l'absence de complicité étatique. Des vidéos inédites et des documents saisis par le FBI dès 2001 suggèrent des liens étroits entre Omar al-Bayoumi, un ressortissant saoudien, et des figures clés d'Al-Qaïda, contredisant les dénégations maintenues pendant deux décennies.

Des preuves visuelles et techniques occultées

Les documents, récemment déclassifiés, révèlent qu'Omar al-Bayoumi entretenait des relations documentées avec Anwar al-Awlaki, futur chef d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique. Des séquences vidéo montrent les deux hommes participant à des entraînements de type militaire au paintball près de San Diego, accompagnés de responsables du ministère saoudien des Affaires islamiques. Plus accablant encore, une note manuscrite retrouvée par la police britannique lors de l'arrestation de Bayoumi en 2001 contenait des calculs mathématiques précis sur la descente en vol d'un avion, un élément qualifié par les avocats des familles des victimes de « preuve irréfutable » jamais exploitée par les enquêteurs de l'époque.

Les failles de l'enquête et le blocage institutionnel

L'enquête souligne une gestion opaque des preuves au sein du FBI. Malgré l'urgence, le schéma de vol saisi à Birmingham n'a jamais été transmis aux inspecteurs chargés d'interroger Bayoumi à Londres, ni aux agents du FBI basés à San Diego qui suivaient ses activités. Plusieurs anciens responsables du ministère américain de la Justice ont confié que ces éléments auraient dû, selon toute vraisemblance, conduire à une inculpation pour soutien matériel au terrorisme. Parallèlement, des agents de terrain ont rapporté avoir essuyé des refus systématiques de leur hiérarchie lorsqu'ils demandaient l'autorisation d'interroger des diplomates saoudiens liés à Bayoumi.

Une exonération controversée

En 2004, le rapport officiel de la Commission du 11 septembre avait pourtant innocenté Bayoumi, le décrivant comme un individu « serviable et sociable ». Cette conclusion, qui a longtemps fait autorité, apparaît aujourd'hui sous un jour nouveau : des membres de la commission ont admis avoir été écartés de certains éléments de preuve et ont contesté, en interne, la conclusion selon laquelle il était « peu probable » que Bayoumi ait été impliqué auprès d'extrémistes. L'entretien mené par la Commission avec Bayoumi en Arabie saoudite, organisé en présence de la police secrète locale, est désormais perçu comme une procédure largement orientée, loin des standards d'une enquête criminelle indépendante.

Un enjeu judiciaire majeur

Ces révélations s'inscrivent dans le cadre d'un procès civil intenté par les familles des victimes, réclamant des comptes à l'Arabie saoudite. Si le Royaume a toujours nié toute implication, la déclassification progressive des dossiers sous l'administration Biden permet aujourd'hui de mettre en lumière les zones d'ombre d'une enquête qui, selon de nombreux experts, a été entravée par des considérations diplomatiques et des dysfonctionnements internes majeurs au sein des agences de renseignement américaines.

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