Lors d’une interview sur Joy News, l’ancien président du Ghana, John Agyekum Kufuor, a retracé les étapes qui l’ont conduit du droit à la plus haute fonction de l’État, soulignant l’importance d’une formation diversifiée pour les dirigeants africains.
Des études de droit au secteur bancaire londonien
Kufuor a obtenu son diplôme de droit à 22 ans après des études au Royaume-Uni. Plutôt que de s’instaurer immédiatement dans la pratique juridique, il a poursuivi un cursus à l’Université d’Oxford en philosophie, politique et économie, élargissant ainsi sa perspective au-delà du droit. Son premier emploi salarié l’a ensuite mené au cœur de la City de Londres, où il a travaillé dans le secteur bancaire, une expérience qu’il qualifie de « premier contact avec la finance internationale ». En 1965, il est revenu au Ghana pour exercer le barreau, s’intégrant au cabinet du défunt Victor Owusu, figure majeure du droit ghanéen.
Gestion de la ville de Kumasi : un premier test administratif
À 27 ans, Kufuor a été nommé gestionnaire de la ville de Kumasi, la deuxième métropole du pays. Pendant trois ans, il a supervisé les services d’éducation, de santé publique, les finances municipales et la propreté urbaine. Cette fonction lui a offert une vision concrète de la gouvernance locale, de la coordination inter‑services et des enjeux de développement communautaire, constituant un socle pratique avant son entrée en politique nationale.
Parcours parlementaire et missions diplomatiques
À 30 ans, il a été élu député lors de la Seconde République ghanéenne et nommé député ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement du professeur Kofi Abrefa Busia. Ce double mandat l’a conduit aux assemblées générales des Nations Unies, à l’Organisation de l’unité africaine et au Mouvement des non‑alignés, ainsi qu’à des rencontres bilatérales avec divers États. Ces missions ont renforcé son expérience de la diplomatie multilatérale et ont élargi son réseau international, des atouts décisifs pour sa future présidence.
Leçons pour les futurs dirigeants africains
Kufuor conclut que la variété de ses expériences – juridique, financière, administrative et diplomatique – a été déterminante pour comprendre les multiples facettes du pouvoir public. Il estime que les jeunes leaders africains gagneraient à embrasser des carrières transversales afin de développer une vision holistique des défis nationaux, qu’il s’agisse de gestion urbaine, de politique extérieure ou de réforme économique.