Le ministre nigérian des Travaux publics, David Umahi, a formellement démenti les allégations circulant sur les réseaux sociaux l'accusant de concentrer les projets routiers fédéraux dans la zone géopolitique du Sud-Est. Il affirme que la répartition des chantiers nationaux s'effectue en stricte conformité avec les directives et les approbations du président Bola Tinubu, réfutant toute volonté de privilégier une région au détriment des autres.
Clarification sur la gouvernance des infrastructures
Lors d'une inspection du projet de l'autoroute Trans-Sahara, reliant l'État d'Ebonyi au Territoire de la capitale fédérale, le ministre a tenu à recadrer le débat. Selon lui, les critiques visant à dénoncer un favoritisme régional sont infondées et méconnaissent les processus de validation fédéraux. David Umahi a souligné que si le Sud-Est bénéficie effectivement de développements, il ne s'agit pas d'un traitement de faveur, mais d'une intégration nécessaire dans le plan national d'infrastructure, le ministre rappelant que la région ne doit être ni la première, ni la dernière servie dans la stratégie globale de désenclavement.
Stratégie de financement et recours à l'emprunt
Au-delà de la polémique, le ministre a défendu une vision économique axée sur l'investissement productif plutôt que sur l'épargne passive. S'appuyant sur son expérience passée en tant que gouverneur de l'État d'Ebonyi, où il avait contracté un emprunt de 150 millions de dollars pour la construction de 199 kilomètres de routes, il soutient que le coût des infrastructures augmente avec le temps. Pour lui, différer les travaux sous prétexte d'économie budgétaire est une erreur stratégique, arguant qu'il est préférable d'investir pour générer des bénéfices économiques à long terme.
Modèle de financement mixte pour les projets hérités
Le ministère des Travaux publics a également précisé les modalités de financement des grands projets d'infrastructure. Pour les quatre projets dits « hérités », le gouvernement fédéral a adopté un modèle hybride : 30 % du financement est assuré en nairas par l'État nigérian, tandis que les 70 % restants proviennent de financements étrangers. Le ministre a par ailleurs réfuté l'idée que les routes existantes seraient délaissées, expliquant que de nombreux chantiers actuels consistent en l'expansion et la réhabilitation de corridors routiers déjà en service, visant ainsi à combler un déficit infrastructurel historique tout en soutenant les réformes économiques en cours.