Datti Baba‑Ahmed, ancien colistier de Peter Obi lors de l’élection présidentielle de 2023, a déclaré avoir déconseillé à son partenaire de rejoindre l’African Democratic Congress (ADC) avant les échéances de 2027, un avertissement qu’il estime vérifié par le départ d’Obi du parti après seulement quatre mois.
Un avertissement donné en privé au Yar’Adua Centre
Lors d’une interview au MIC ON Podcast, Baba‑Ahmed a rappelé qu’il avait rencontré Obi au centre Yar’Adua, quelques jours avant que le gouverneur d’Anambra ne signe son adhésion à l’ADC. Selon lui, il a exposé les raisons pour lesquelles le parti, selon son analyse, ne correspondait pas aux ambitions nationales d’Obi, notamment le manque de structures solides et la difficulté à se démarquer dans un paysage déjà dominé par le All Progressives Congress et le Peoples Democratic Party.
Le passage bref d’Obi à l’African Democratic Congress
Malgré les réserves exprimées, Obi a tout de même rejoint l’ADC, décision qui a suscité l’étonnement parmi leurs partisans. Le nouveau membre du parti a toutefois quitté l’ADC au bout de quatre mois, comme le souligne Baba‑Ahmed, qui y voit la confirmation de son diagnostic initial. Cette sortie rapide a été présentée comme le résultat d’incompatibilités entre la vision d’Obi et la direction du parti, ainsi que d’une volonté de ne pas « contradire » son propre positionnement politique.
Conséquences pour la stratégie de l’élection 2027
Le retrait d’Obi de l’ADC a des répercussions sur la configuration des forces politiques à l’approche de 2027. En quittant le parti, Obi se retrouve à nouveau hors de son « zone de confort », sans le soutien d’une structure partisane clairement définie. Baba‑Ahmed a indiqué qu’il ne pouvait plus intervenir pour le retenir au sein du Labour Party, le parti qui les avait portés en 2023, ce qui laisse le gouverneur d’Anambra à la recherche d’une nouvelle plateforme ou d’une alliance stratégique.
Le débat sur la cohérence politique des acteurs nigérians
Au-delà du cas d’Obi, l’épisode met en lumière les tensions entre ambition personnelle et alignement partisan dans la politique nigériane. Les critiques de Baba‑Ahmed sur les « contradictions » perçues dans le comportement d’Obi soulignent une attente croissante du public et des cadres politiques quant à la constance idéologique. Cette dynamique pourrait influencer la manière dont les candidats construisent leurs coalitions et communiquent leurs programmes dans les années à venir.