À 18 ans, Daouda Douri François, bachelier scientifique du département du Mont‑Illi, a choisi de transformer une année blanche imposée en un véritable laboratoire d'innovation, montrant comment les jeunes Tchadiens peuvent rebondir face aux aléas du système éducatif.
Un parcours scolaire prometteur dans le Mayo‑Kebbi Est
Originaire du département du Mont‑Illi, dans la province du Mayo‑Kebbi Est, Daouda a obtenu son baccalauréat scientifique, série D, en 2025. Son excellence académique, reconnue par le titre de lauréat, reflète le potentiel des jeunes issus des zones rurales du Tchad, souvent sous‑représentés dans les filières scientifiques.
Une année blanche réinventée comme laboratoire d'innovation
Confronté à une « année blanche », période pendant laquelle il n’était pas inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur, Daouda a refusé de la considérer comme une simple pause. Il a mobilisé ce temps pour acquérir de nouvelles compétences, expérimenter des projets personnels et développer une approche créative de la résolution de problèmes. Cette initiative individuelle s’inscrit dans une dynamique émergente où les jeunes utilisent les périodes d’inactivité académique pour se former de façon autodidacte, souvent grâce aux ressources numériques et aux réseaux locaux.
Le contexte de l'entrepreneuriat jeune au Tchad
Le Tchad fait face à un taux de chômage élevé parmi les 15‑34 ans, estimé à plus de 30 %. Le gouvernement et plusieurs ONG ont lancé des programmes visant à encourager l’entrepreneuriat et la formation technique, mais les structures restent limitées, surtout dans les provinces éloignées. Dans ce cadre, des initiatives comme celle de Daouda illustrent la capacité des jeunes à combler les lacunes institutionnelles en créant leurs propres espaces d’apprentissage et d’innovation.
Perspectives pour l'avenir de Daouda et des jeunes tchadiens
Si Daouda poursuit son chemin d’innovation, il pourrait devenir un modèle pour d’autres jeunes du pays, incitant les autorités à soutenir davantage les projets d’apprentissage autonome. Le succès de telles trajectoires dépendra de l’accès à des financements, à des mentors et à des infrastructures numériques. En capitalisant sur les compétences acquises pendant son année blanche, Daouda a la possibilité de lancer une start‑up ou de rejoindre un incubateur, contribuant ainsi à la diversification économique du Tchad et à la création d’emplois pour ses pairs.