La région de Bono East, au Ghana, fait face à une fracture sanitaire majeure où le lieu de résidence détermine l'accès aux soins vitaux. Si les statistiques régionales affichent un taux d'accouchement assisté de 67,6 %, cette moyenne masque une réalité alarmante dans les zones rurales, où l'absence d'hôpitaux condamne des milliers de femmes à accoucher sans personnel qualifié.
Une disparité géographique aux conséquences fatales
Lors de la revue de performance de mi-année 2026, le directeur régional des services de santé, le Dr Freeman Samani, a tiré la sonnette d'alarme sur les inégalités criantes entre les districts. À Sene East, seulement 27,85 % des accouchements sont supervisés par des professionnels de santé, un chiffre qui tombe à 33,34 % à Techiman North. Cette carence structurelle expose les mères et les nouveau-nés à des risques accrus de décès, alors que la présence d'un personnel qualifié est le levier principal pour prévenir les complications obstétricales.
Le déficit chronique d'infrastructures hospitalières
La racine du problème réside dans une carence d'équipements de base. Sur l'ensemble de la région, quatre districts — Sene East, Techiman North, Nkoranza North et Pru West — ne disposent d'aucun hôpital de district. À Sene East, les patientes dépendent exclusivement de trois centres de santé rudimentaires. En cas d'urgence, les femmes enceintes doivent entreprendre des trajets périlleux vers des localités éloignées, souvent entravés par un réseau routier défaillant et, dans le cas de Sene East, par l'isolement géographique de communautés insulaires.
L'urgence de l'achèvement des projets publics
Face à cette situation, le projet national « Agenda 111 », qui prévoit la construction d'hôpitaux de district, est devenu un enjeu de survie. Le chantier de Kajaji, censé répondre aux besoins de Sene East, demeure inachevé, laissant les populations dans une impasse. Le ministre régional, Francis Owusu Antwi, a reconnu cette urgence, soulignant que l'accès aux soins ne doit plus être un privilège géographique. Pour le Dr Samani, l'objectif de couverture sanitaire universelle restera hors de portée tant que ces zones « rouges » ne seront pas dotées d'infrastructures fonctionnelles.
Priorité à la santé primaire
La direction régionale de la santé mise désormais sur le déploiement de la politique de soins de santé primaires gratuits pour renforcer la prise en charge au niveau communautaire. Toutefois, les autorités sanitaires insistent sur le fait que ces mesures ne peuvent se substituer à l'impératif de construire des hôpitaux de référence. La survie des mères dans les districts les plus isolés dépend directement de la capacité de l'État à transformer ces engagements politiques en infrastructures opérationnelles sur le terrain.