Face à la montée des risques liés à l'insécurité et à la précarité, la province de la Tapoa renforce son maillage de protection de l'enfance. Une session de formation dédiée aux Animateurs Volontaires Communautaires (AVC) a été lancée à Diapaga pour professionnaliser le repérage et la prise en charge des mineurs en danger.
Un dispositif de proximité face aux crises
La province de la Tapoa, située dans la région de l'Est du Burkina Faso, est confrontée à des défis structurels qui fragilisent les plus jeunes : déscolarisation, travail des enfants, violences et séparations familiales exacerbées par le contexte sécuritaire actuel. Dans ce climat, les Animateurs Volontaires Communautaires occupent une position stratégique. Acteurs de terrain, ils constituent le premier rempart pour identifier les situations de vulnérabilité au sein des villages et des quartiers.
Maîtriser le circuit de signalement et de prise en charge
L'initiative, portée par l'Association Bon Berger Pour le Développement local Participatif (ABDLP) en partenariat avec la direction provinciale de la Famille et de la Solidarité nationale, vise à transformer l'engagement volontaire en une action technique structurée. Durant cinq jours, les participants approfondissent leurs connaissances sur le cadre légal de protection de l'enfant. L'objectif est de leur permettre d'identifier avec précision les signes de danger et, surtout, de maîtriser le circuit de référencement vers les services compétents tels que l'Action Sociale, les forces de sécurité, les structures de santé et les instances judiciaires.
Renforcer la résilience des communautés
Selon Lamoudi Yonli, secrétaire exécutif de l'ABDLP, cette formation s'inscrit dans une stratégie plus large de promotion des droits humains et de soutien aux familles. L'encadrement technique, assuré notamment par le directeur provincial de la Famille et de la Solidarité nationale, Lassane Sawadogo, dépasse la simple protection immédiate. Il s'agit également d'intégrer des leviers d'éducation inclusive et d'autonomisation des familles. En professionnalisant ces acteurs locaux, les autorités et les organisations de la société civile espèrent créer une chaîne de prévention plus réactive, capable de répondre aux besoins spécifiques des enfants dans une région où la résilience communautaire est mise à rude épreuve.