Danny Boyle dépeint Murdoch et la naissance du « Sun » : un film divertissant mais trop léger pour Venise

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 40 lectures
Danny Boyle dépeint Murdoch et la naissance du « Sun » : un film divertissant mais trop léger pour Venise

La 83ᵉ édition de la Mostra de Venise s’ouvre sans blockbuster, mais avec un film qui interroge l’histoire de la presse britannique. Danny Boyle y retrace la genèse du tabloïd « The Sun », fruit de l’ambition de Rupert Murdoch et de la nomination de Larry Lamb à sa tête. Un récit divertissant, mais qui peine à approfondir les enjeux éthiques et politiques de cette période.

Un film sur Murdoch, entre ambition et simplification

Danny Boyle, réalisateur britannique connu pour des films comme *Steve Jobs*, s’attaque cette fois à l’univers de Rupert Murdoch, magnat australien de la presse et figure controversée. Son nouveau film, *Ink* (« Encre »), plonge dans les années 1968-1969, à Londres, plus précisément à Fleet Street, cœur historique de l’imprimerie britannique. Le scénario, adapté par James Graham d’après sa propre pièce, suit la création puis le succès du tabloïd *The Sun*, sous la direction de Larry Lamb, interprété par Jack O’Connell. Murdoch, joué par Guy Pearce, y apparaît comme un stratège prêt à tout pour imposer son projet.

Une ouverture atypique pour Venise, loin des blockbusters

Contrairement aux années précédentes, la Mostra de Venise 2026 n’a pas misé sur des productions hollywoodiennes pour son film d’ouverture. Alberto Barbera, directeur artistique du festival, a choisi *Ink* pour inaugurer cette 83ᵉ édition, saluant la pertinence de Boyle malgré un style parfois inégal. Le film, bien que divertissant, est critiqué pour son manque de profondeur dans l’analyse des méthodes de Murdoch et des conséquences de son empire médiatique sur la société britannique.

Fleet Street, miroir d’une époque de transition

L’action se déroule dans le Londres des années 1960, où Fleet Street incarne encore le pouvoir de la presse écrite. *Ink* y dépeint une époque de mutations, où les tabloïds émergent comme des acteurs clés de l’opinion publique. Le film met en lumière les stratégies éditoriales audacieuses de Murdoch, mais aussi les tensions entre ambition commerciale et déontologie journalistique. Une période charnière, où la presse écrite commence à perdre son monopole face à l’émergence des médias audiovisuels.

Un divertissement qui laisse des questions en suspens

Si *Ink* séduit par son rythme et ses performances, notamment celle de Guy Pearce dans le rôle de Murdoch, il reste un film léger, presque superficiel. Les enjeux politiques et sociaux liés à la création de *The Sun* – comme la montée des tabloïds et leur impact sur la démocratie – ne sont qu’effleurés. Une occasion manquée pour un festival qui, traditionnellement, met en avant des œuvres engagées et ambitieuses.

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