L'ancien contrôleur général Daniel Yaw Domelevo a appelé le juge en chef Paul Baffoe‑Bonnie à cesser de s’exprimer sur des sujets politiques qui pourraient plus tard être jugés par les tribunaux, soulignant le risque d’éroder la perception d’impartialité de la magistrature.
Un rappel à la prudence pour les hauts fonctionnaires
Domelevo a rappelé que les responsables occupant des postes constitutionnels sensibles doivent mesurer leurs propos, surtout lorsqu’ils portent sur la performance ou la conduite d’institutions publiques. Selon lui, toute déclaration qui qualifierait une entité de « corrompue » ou d’« inefficace » pourrait être perçue comme un préjugé si cette même entité était ultérieurement partie à un litige.
Le risque d’une justice perçue comme partielle
Le critique a expliqué que même une intention de renforcer la coopération entre la justice et d’autres organes de l’État peut se retourner contre elle. En effet, des remarques publiques sur la corruption ou l’inefficacité d’une institution pourraient miner la confiance du public dans la neutralité des juges, surtout lorsque les affaires concernées arrivent devant les tribunaux.
Le contexte des propos du juge en chef
Les avertissements de Domelevo interviennent après que le juge en chef Baffoe‑Bonnie a, lors de visites dans plusieurs entreprises publiques, salué les résultats obtenus sous le gouvernement actuel tout en questionnant les avancées des huit années précédentes. Ces prises de parole, relayées sur la chaîne Channel One TV le 5 septembre, ont suscité des débats sur le rôle approprié du magistrat dans le débat public.
Implications pour la gouvernance ghanéenne
En appelant à la retenue, Domelevo souligne l’enjeu d’une justice indépendante, pilier de l’État de droit. Si les juges sont perçus comme déjà engagés politiquement, cela pourrait compliquer la résolution de contentieux futurs et affaiblir la légitimité des décisions judiciaires. Le débat met ainsi en lumière la nécessité d’un cadre de communication clair pour les hauts responsables, afin de garantir que la justice reste au-dessus des clivages politiques.