L'ancien auditeur général du Ghana, Daniel Yaw Domelevo, a publiquement soutenu l'ouverture d'une enquête par le Bureau du procureur spécial (OSP) concernant des allégations de versement de 70 000 GH¢ à la députée d'Asokwa, Patricia Appiagyei. Cette affaire, qui lie des soupçons de corruption au processus de confirmation des nominations ministérielles et judiciaires, soulève des questions cruciales sur l'intégrité des institutions parlementaires.
L'exigence d'une expertise médico-légale
Pour Daniel Domelevo, le démenti formel opposé par Patricia Appiagyei, qui qualifie ces accusations de « fake news », ne saurait clore le dossier. L'ancien auditeur général insiste sur la nécessité pour le procureur spécial de soumettre le document incriminé à une analyse forensique rigoureuse. Cette expertise technique doit permettre de vérifier l'authenticité de la signature attribuée à la députée et de déterminer si le document est une pièce authentique ou une fabrication malveillante destinée à nuire à sa réputation.
Les risques pour la gestion des finances publiques
Au-delà de la culpabilité individuelle, M. Domelevo a soulevé une problématique structurelle majeure concernant le financement des activités parlementaires. Il s'interroge sur la légitimité d'éventuels paiements effectués par la présidence au profit de députés après des exercices de vetting. Selon lui, si des indemnités de session sont dues aux élus, elles doivent impérativement transiter par le budget propre du Parlement. Tout versement direct provenant d'une autre institution gouvernementale constituerait une irrégularité grave au regard des règles de gestion des finances publiques.
La récurrence des soupçons de corruption
L'intervention de l'ancien auditeur général s'inscrit dans un contexte de méfiance persistante, des allégations similaires ayant déjà entaché par le passé la réputation de l'Assemblée nationale lors de processus de confirmation. En soutenant l'action de l'OSP, M. Domelevo souligne l'importance de faire toute la lumière sur ces pratiques pour restaurer la confiance des citoyens. L'enquête en cours devra non seulement établir la véracité des faits reprochés à la députée, mais aussi clarifier les circuits financiers entourant les travaux de vetting, afin d'éviter toute confusion entre les prérogatives parlementaires et les influences de l'exécutif.