Le groupe Dangote cherche à élargir la portée de l’introduction en bourse de sa raffinerie de 1,6 milliard $, en envisageant des mécanismes de cotation transfrontalière et une meilleure coordination entre les places boursières du continent.
Des discussions initiées dès avril pour un accès multi‑marché
À l’initiative de Dangote, les dirigeants des bourses africaines ont entamé des pourparlers en avril afin d’identifier les conditions permettant de placer les actions de la raffinerie sur plusieurs places. Le PDG de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) d’Abidjan, Edoh Kossi Amenounve, a souligné la difficulté de parvenir à un consensus face à la diversité des exigences de chaque autorité de régulation.
Les Global Depositary Receipts comme solution technique
Parmi les options étudiées, les Global Depositary Receipts (GDR) apparaissent comme le levier le plus prometteur. Ce dispositif permettrait de créer des titres représentant les actions de la raffinerie, puis de les inscrire sur des bourses comme celles du Kenya ou du Botswana, tout en conservant une émission centrale. L’expérience de ces marchés montre que les GDR peuvent faciliter la liquidité et l’accès des investisseurs étrangers sans multiplier les processus d’approbation.
Obstacles réglementaires et appel à l’harmonisation
Actuellement, chaque pays exige une autorisation distincte de son régulateur des valeurs mobilières, ce qui alourdit les démarches pour les entreprises souhaitant une cotation régionale. Amenounve a plaidé pour une reconnaissance mutuelle des agréments et une harmonisation des règles, estimant que « c’est le moment de penser à la mutualisation ». Le projet African Exchanges Linkage (AELP) dispose déjà d’une infrastructure technologique capable de supporter le trading transfrontalier, mais les freins juridiques restent le principal obstacle.
Perspectives pour les marchés africains
Le succès de l’IPO, qui a recueilli près de 6,4 trillions de nairas (environ 4,77 milliards de dollars) en souscriptions, montre l’appétit des investisseurs nigérians pour ce type d’opération. La cotation sur la Nigerian Exchange (NGX) est prévue pour novembre, mais une diffusion plus large pourrait renforcer la profondeur des marchés africains et attirer davantage de capitaux internationaux. En parallèle, la BRVM a annoncé le report du lancement de son marché des dérivés à 2027, soulignant les défis persistants en matière de cadre réglementaire et technologique. Selon Amenounve, le futur du continent repose également sur le développement du secteur minier, agricole, industriel et énergétique, où une meilleure intégration boursière pourrait jouer un rôle catalyseur.