Le maire de Dakar, Abass Fall, accélère les démolitions des bâtiments dangereux après un effondrement meurtrier à Sacré-Cœur 1, qui a coûté la vie à trois personnes et blessé grièvement un quatrième. Une opération qui s’inscrit dans une stratégie globale de prévention des risques immobiliers, mais qui soulève des questions sur son efficacité et ses conséquences sociales.
Un drame qui relance l’urgence des contrôles
L’effondrement d’une dalle à Sacré-Cœur 1, survenu il y a quelques jours, a révélé les failles du parc immobilier dakarois. Trois morts et un blessé grave, dont l’état reste critique, ont marqué les esprits. Cet accident a servi de déclic pour le maire Abass Fall, qui a immédiatement ordonné le maintien des démolitions préventives des constructions jugées à risque. Une décision qui intervient alors que les services municipaux avaient déjà identifié plusieurs édifices dangereux dans les arrondissements de Grand-Dakar, des Almadies et des Parcelles-Assainies.
Des opérations ciblées, mais des moyens limités
Les démolitions, coordonnées avec les autorités préfectorales, ont déjà touché plusieurs quartiers. À Liberté 6 et Grand Yoff, une opération de désencombrement a permis de retirer 27 véhicules abandonnés, 192 tentes et de déplacer trois GBA (groupements de base administratifs). Cependant, ces actions restent ponctuelles et dépendent d’une procédure administrative précise : un arrêté municipal, délivré par le maire, suivi d’une intervention des préfets et sous-préfets. Une organisation qui, bien que rigoureuse, pourrait ne pas suffire à couvrir l’ensemble des risques identifiés.
Vers une meilleure prévention et sensibilisation
Au-delà des démolitions, Abass Fall a demandé aux équipes municipales de poursuivre l’identification des bâtiments vulnérables dans toute la commune. Une mission qui implique une collaboration étroite avec les autorités administratives. La mairie compte également renforcer l’information des propriétaires et des entrepreneurs sur les normes de construction et l’entretien préventif des immeubles. Une démarche qui vise à éviter de nouvelles tragédies, mais dont l’impact dépendra de l’adhésion des acteurs locaux.