Le commissariat d'arrondissement de la Médina, à Dakar, a déféré ce vendredi 24 juillet 2026 à 9 h 30, 28 ressortissants de pays de la sous-région devant le procureur de la République près du tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Ils sont poursuivis pour vagabondage et troubles à l'ordre public.
L'interpellation des 28 personnes a eu lieu à l'intersection de la rue 25 x 18, dans le quartier populaire de la Médina. Selon les informations recueillies, cette opération fait suite à de nombreuses réclamations formulées par les habitants du secteur, qui dénonçaient la présence de ces individus dans le quartier.
Lors de leurs auditions, la plupart des personnes interpellées ont reconnu les faits qui leur sont reprochés et confirmé leur situation de sans domicile fixe (SDF). Elles ont été mises à la disposition de la justice pour la suite de la procédure.
Un durcissement des contrôles sur les étrangers
Ce déféré s'inscrit dans un contexte de renforcement des opérations de contrôle visant les étrangers présents sur le territoire sénégalais. Entre le 30 juin et le 8 juillet 2026, les éléments de la Direction de la police des étrangers et des titres de voyage (DPETV) ont mené une vaste campagne de vérification dans plusieurs quartiers de Dakar et de sa banlieue. Près de 490 étrangers de différentes nationalités ont été contrôlés au cours de cette période, et 36 d'entre eux ont été déférés au parquet pour séjour irrégulier.
Ces méthodes, présentées par les autorités comme des opérations de vérification administrative, suscitent des interrogations au sein de la société civile et de la communauté étrangère installée au Sénégal. Des voix rappellent que tout État dispose du droit souverain de contrôler ses frontières et de réglementer l'entrée et le séjour des étrangers, tout en soulignant que cette souveraineté ne doit pas se confondre avec l'arbitraire.
La lutte contre l'immigration irrégulière s'inscrit par ailleurs dans un cadre institutionnel dédié. Le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI) est chargé de coordonner les actions de l'État dans ce domaine, dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre la migration irrégulière (SNLMI).