Pour la première fois de l'histoire, une équipe olympique des réfugiés participera aux Jeux olympiques de la jeunesse, qui se tiendront à Dakar en 2026. Parmi les six athlètes sélectionnés, le jeune judoka Arno Yafunga Botay incarne la résilience et l'ambition d'une jeunesse déplacée, déterminée à briser les barrières sociales à travers le sport.
Un parcours forgé dans l'adversité
Arno Yafunga Botay, âgé de 15 ans, a fui la République démocratique du Congo avec sa famille en 2017 après un drame familial. Installés au Kenya, après un passage par le camp de réfugiés de Kakuma, les Yafunga Botay ont dû surmonter une précarité extrême. Pour le jeune athlète, le judo, appris auprès de son père Arnold, est devenu bien plus qu'une discipline sportive : c'est un vecteur de discipline et de survie. Malgré l'absence de moyens financiers pour l'équipement ou les frais de scolarité, le soutien du Comité international olympique (CIO) a permis de transformer son potentiel en une qualification historique pour les épreuves des moins de 55 kg à Dakar.
L'encadrement d'une légende pour une première historique
La participation de cette équipe aux Jeux de Dakar 2026, premier événement olympique organisé sur le continent africain, revêt une portée symbolique majeure. Les six athlètes bénéficient de l'accompagnement du marathonien Eliud Kipchoge, qui insiste sur la rigueur et la concentration. Pour Arno, cette opportunité est une tribune pour affirmer la place des réfugiés dans la société. « Un réfugié est un être humain comme les autres », rappelle-t-il, voyant dans sa sélection une chance de porter la voix de sa communauté sur la scène internationale.
Le judo comme levier de transformation sociale
Au-delà de la performance individuelle, le succès d'Arno Yafunga Botay modifie la perception du judo au sein de sa communauté d'accueil à Nairobi. Lawrence Karisa Nyundo, propriétaire du dojo où s'entraîne l'adolescent, souligne que cette réussite suscite un intérêt croissant chez les parents, qui perçoivent désormais le judo comme un outil éducatif structurant plutôt que comme un simple sport de combat. Arno, de son côté, projette déjà l'avenir : en cas de victoire, il espère retourner dans les camps de réfugiés pour transmettre son savoir et démontrer que, malgré les épreuves, la persévérance peut mener à l'excellence.