Une cyberattaque ciblant les systèmes de réfrigération de l'Etablissement français du sang (EFS) a déclenché une vaste campagne d'audits de sécurité au sein des opérateurs d'importance vitale (OIV) et des établissements hospitaliers. Cette opération, confiée au groupe Thales, vise à renforcer la résilience des infrastructures de santé face à la multiplication des menaces numériques pesant sur les équipements connectés.
Une faille via un prestataire externe
L'incident, survenu dans la nuit du 1er au 2 novembre, a mis en lumière la vulnérabilité des chaînes logistiques médicales. En piratant un prestataire commun à plusieurs centres de l'EFS, les assaillants ont provoqué une hausse critique des températures dans des chambres froides, menaçant la conservation de poches de plasma. Si l'intervention rapide des techniciens d'astreinte a permis d'éviter une perte sanitaire majeure, l'événement a révélé une dépendance critique vis-à-vis de la sécurité informatique des partenaires extérieurs.
La vulnérabilité des équipements biomédicaux
Au-delà des systèmes centraux, ce sont les dispositifs médicaux connectés — respirateurs, pousse-seringues et autres appareils biomédicaux — qui cristallisent les inquiétudes. Ces équipements, souvent intégrés au fil des années sans stratégie de sécurité globale, fonctionnent fréquemment avec des systèmes d'exploitation obsolètes ou difficiles à mettre à jour. Cette hétérogénéité technologique crée des failles exploitables tant par des cybercriminels en quête de rançon que par des acteurs étatiques cherchant à déstabiliser les services publics.
Stratégies de protection et limites budgétaires
Face à ces risques, les audits menés par Thales se concentrent sur l'architecture réseau des hôpitaux. L'objectif est d'isoler les secteurs critiques et les appareils les plus anciens du réseau internet global pour limiter la propagation d'une éventuelle intrusion. Cette approche par segmentation réseau constitue une réponse technique immédiate pour protéger les fonctions vitales. Toutefois, l'efficacité de ces mesures reste suspendue à la capacité des établissements à financer non seulement les audits, mais surtout les correctifs et la modernisation des infrastructures nécessaires pour garantir une sécurité pérenne.