Les pertes financières liées à la cybercriminalité en Afrique ont plus que doublé en deux ans, atteignant 275,5 milliards de francs CFA en 2024. Une explosion des escroqueries en ligne, alimentée par l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies, menace désormais les économies et les particuliers du continent.
Une menace en pleine mutation technologique
La cybercriminalité en Afrique connaît une croissance exponentielle, portée par des méthodes de plus en plus sophistiquées. Selon les dernières évaluations, les pertes financières ont quadruplé depuis 2022, passant de 109,3 milliards à 275,5 milliards de francs CFA. Cette escalade s’explique principalement par l’utilisation accrue de l’intelligence artificielle, qui permet aux fraudeurs de perfectionner leurs techniques d’arnaque. Les escroqueries en ligne, désormais la forme la plus répandue de cybercriminalité sur le continent, ciblent massivement les plateformes d’argent mobile, les réseaux sociaux et les outils numériques émergents. Les campagnes d’ingénierie sociale automatisées, combinées à des deepfakes et à l’usurpation d’identité, rendent les attaques plus crédibles et difficiles à détecter.
La sextorsion numérique, facilitée par la génération de contenus synthétiques, connaît également une progression alarmante. Près de 600 000 cas ont été recensés, illustrant l’ampleur des risques liés à la manipulation de données personnelles et à l’exploitation malveillante de l’IA.
Des centres frauduleux concentrés en Afrique de l’Ouest et australe
L’étude révèle une organisation structurée de la cybercriminalité, avec 72 % des pays africains signalant la présence de centres frauduleux. Ces structures, souvent implantées en Afrique de l’Ouest et en Afrique australe, coordonnent des campagnes d’escroqueries à grande échelle, incluant le phishing, le vol d’identifiants et les fraudes financières. Leur localisation stratégique leur permet de toucher des victimes à l’échelle continentale, voire internationale, tout en exploitant les failles des systèmes de paiement locaux et des infrastructures numériques.
Face à cette menace, les autorités africaines sont appelées à renforcer leurs capacités d’enquête numérique et à améliorer la coopération entre les services de police, les institutions financières et les opérateurs de télécommunications. Le développement des compétences en cybersécurité et le partage d’informations en temps réel apparaissent comme des leviers essentiels pour contrer l’évolution rapide des techniques des cybercriminels.