À huit jours de la rentrée des enseignants, plusieurs académies françaises font face à une interruption prolongée de leurs outils numériques professionnels. Cette situation, consécutive à une cyberattaque détectée fin juillet, fragilise l'organisation logistique des établissements scolaires et soulève des inquiétudes quant à la sécurité des données des personnels.
Une intrusion informatique aux conséquences durables
L'incident, survenu dans la nuit du 25 juillet 2026, a été rendu possible par l'usurpation d'un compte professionnel, permettant aux assaillants de s'infiltrer dans le système d'information dédié à la formation des personnels. Le groupe de pirates informatiques ZeroBytes, qui a revendiqué l'opération le 17 août, affirme avoir exfiltré 43 gigaoctets de données. Si le ministère de l'Éducation nationale a confirmé le vol d'informations relatives aux agents ayant exercé depuis 2001 — incluant identités, statuts et, pour certains, numéros de sécurité sociale — il assure qu'aucun mot de passe ni donnée bancaire n'a été compromis.
Des outils numériques toujours inaccessibles
Dans les académies de Nantes et de Toulouse, les proviseurs et principaux signalent des difficultés persistantes de connexion à l'intranet. Cette indisponibilité des outils de gestion complique la préparation de la rentrée, prévue pour le 31 août pour les enseignants. Bien que le ministère ait confirmé avoir suspendu certaines applications durant l'été pour sécuriser le réseau, le rétablissement des accès s'effectue de manière progressive, sans calendrier précis, ce qui fait craindre une désorganisation logistique aux équipes de direction.
Une vulnérabilité récurrente du système éducatif
Cet incident s'inscrit dans une série de cyberattaques visant l'Éducation nationale française en 2026. Avant cette intrusion, le portail RH Compas en mars, puis la plateforme ÉduConnect en avril, avaient déjà été la cible de piratages exposant les données de centaines de milliers d'agents et de familles. Face à ces vulnérabilités répétées, le Syndicat des Directrices et directeurs d'École a interpellé le ministre le 23 août, soulignant l'impact direct de ces failles sur le fonctionnement quotidien du service public. Une conférence de presse ministérielle est attendue ce mardi 25 août pour faire le point sur la situation à l'approche de la rentrée scolaire.