CultivaTech : une solution numérique pour optimiser la productivité agricole au Burkina Faso

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 11 lectures
CultivaTech : une solution numérique pour optimiser la productivité agricole au Burkina Faso

Face aux défis de la productivité agricole, l'ingénieur et agriculteur Wendkuuni Ben Ahmad Tapsoba a développé CultivaTech, une application conçue pour accompagner les producteurs burkinabè dans la gestion de leurs parcelles. En misant sur un fonctionnement hors ligne et une approche basée sur des données agronomiques locales, l'outil ambitionne de réduire l'incertitude liée aux pratiques culturales traditionnelles.

Une approche axée sur la précision agronomique

Le cœur de la solution repose sur la suppression du hasard dans l'épandage d'engrais. Plutôt que de suivre des recommandations générales souvent inadaptées à la réalité des sols, l'application utilise des données cartographiques numériques, notamment celles issues du projet iSDAsoil, pour ajuster les doses d'intrants. Ce modèle, croisant imagerie satellitaire et analyses de laboratoire, permet une personnalisation des apports à une résolution de 30 mètres, tout en plafonnant les corrections pour garantir la sécurité des cultures.

La contrainte technique comme levier d'innovation

Conscient des réalités du terrain, le promoteur a fait le choix d'une architecture embarquée. L'essentiel des fonctionnalités, incluant le traçage des parcelles, le calendrier cultural et le diagnostic phytosanitaire, est accessible sans connexion internet. Ce choix technique répond aux problèmes de couverture réseau et de coût des données mobiles. Pour le diagnostic des maladies, l'application privilégie une description textuelle des symptômes par l'utilisateur plutôt que l'envoi de photos, une méthode jugée plus fiable et moins énergivore dans le contexte sahélien.

Un modèle économique tourné vers les institutions

Pour assurer sa viabilité, CultivaTech repose sur un modèle de financement institutionnel plutôt que sur la vente directe aux agriculteurs. Des organisations non gouvernementales et des institutions de microfinance financent l'accès aux outils pour les producteurs, garantissant ainsi la gratuité des services de base. Cette stratégie permet de soutenir les exploitants tout en offrant aux partenaires des tableaux de bord pour le suivi des bénéficiaires, sous réserve du consentement explicite de ces derniers concernant l'usage de leurs données.

Perspectives d'expansion régionale

Après une phase pilote ayant impliqué 116 producteurs, les résultats préliminaires font état d'une hausse moyenne de 21 % des rendements. Fort de ces indicateurs, le projet prépare son lancement officiel pour novembre 2026. L'ambition est désormais de répliquer ce modèle dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest, notamment au Mali, au Niger et en Côte d'Ivoire, tout en renforçant l'intégration des langues locales et en poursuivant les partenariats avec les structures nationales de recherche agronomique pour affiner la précision des données.

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