Cinq jours après la crue dévastatrice qui a frappé le Népal et le versant tibétain de l'Himalaya, le bilan s'élève à plus de 950 morts et près de 4 500 disparus. Une catastrophe attribuée à l'effondrement d'un glacier, dont l'ampleur mobilise désormais les secours de plusieurs pays asiatiques.
Un bilan humain qui ne cesse de s'alourdir
Selon les derniers chiffres officiels, 955 corps ont été exhumés — 939 côté népalais et 16 sur le territoire tibétain chinois. Les autorités des deux pays restent par ailleurs sans nouvelles de 4 490 personnes : 3 925 au Népal et 546 en Chine, parmi lesquelles figurent des touristes, des pèlerins et des ouvriers étrangers. Le Premier ministre népalais Balendra Shah a qualifié la catastrophe de « désastre naturel d'une ampleur inimaginable et déchirant », assurant que son gouvernement avançait « avec détermination pour protéger la vie des citoyens ».
Des opérations de secours entravées par le terrain
Plus de 20 000 hommes — militaires, policiers et guides népalais — sont mobilisés, assistés de spécialistes venus d'Inde, de Chine et de Corée du Sud. À ce stade, plus de 3 100 personnes ont été secourues, mais les sauveteurs font face à des routes et infrastructures détruites, à un manque d'effectifs aériens et à la menace permanente d'une nouvelle montée des eaux. Dans le district de Chitwan, des militaires débarquant de canots pneumatiques ont déposé des corps en sacs bleus le long d'une berge. Une centaine d'ouvriers d'un chantier hydroélectrique restent par ailleurs piégés dans un tunnel : de l'air y est injecté et de l'eau évacuée, et un officier de l'armée indienne a dit conserver « encore de l'espoir » de retrouver des survivants.
Identification des victimes et saturation des morgues
À Bharatpur, dans le sud du Népal, quelque 250 corps ont été déposés par les flots à plus d'une centaine de kilomètres en aval. La morgue locale, débordée, a commencé à enterrer certaines dépouilles sans attendre l'identification, pour des raisons sanitaires. Le Népal a lancé un appel à l'aide pour obtenir « plus d'un millier » de conteneurs frigorifiques. À Katmandou, un employé de la centrale hydroélectrique Upper Trishuli, Shibu Giri, 44 ans, a témoigné avoir survécu à une vague « comme un tsunami, avec un bruit énorme et un énorme nuage de poussière ».
Un signal climatique dans une région sous pression
Experts et scientifiques attribuent la crue à l'effondrement d'un énorme glacier, transformé en torrent de boue en quelques instants. Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a affirmé que « le peuple népalais est une des principales victimes du changement climatique et de ses conséquences ». Le gouvernement népalais, confronté à sa catastrophe la plus meurtrière depuis le séisme de 2015, estime déjà que les dégâts se chiffreront probablement en « milliards de dollars », sans qu'aucune évaluation précise n'ait encore été réalisée. Côté chinois, la gestion de l'information reste tendue : dix internautes ayant suggéré que le bilan officiel était minoré ont été sanctionnés, tandis que l'ONG Campagne internationale pour le Tib exige « une information vérifiée et complète » de Pékin.