Une crise sociale majeure couve dans l'État d'Ogun, au Nigeria, suite à l'expulsion présumée de 580 salariés de plusieurs filiales du groupe Western Metal Products Company Limited (WEMPCO). Le syndicat SEWUN a officiellement saisi le ministère du Travail, dénonçant une intervention policière armée menée par un mandataire judiciaire nommé par la justice fédérale.
Des allégations d'abus de pouvoir judiciaire
Selon la pétition déposée par le cabinet Abope Chambers au nom des travailleurs et du syndicat SEWUN, l'incident remonte au 9 juin 2026. Le mandataire judiciaire, chargé de gérer un litige financier entre le groupe WEMPCO et United Bank for Africa Plc, aurait fait irruption sur les sites industriels accompagné d'un important dispositif policier. Les représentants des salariés soutiennent que cette opération s'est déroulée sous la menace d'armes à feu, sans qu'aucune décision de justice n'autorise explicitement l'expulsion physique du personnel ou l'usage de la force.
Une distinction juridique contestée
Le cœur du litige repose sur la nature juridique des entités visées. Les avocats des travailleurs soulignent que les dix entreprises concernées, dont Nigerian Enamelware Plc et WEMPCO Steel Mills, sont des entités juridiques distinctes. Ils soutiennent que l'ordonnance de la Haute Cour fédérale se limitait à certains actifs du groupe et ne permettait en aucun cas de mettre fin aux contrats de travail ou d'évacuer les locaux. Cette interprétation remet en question les limites des pouvoirs d'un mandataire judiciaire face aux obligations statutaires des employeurs.
Un risque de déstabilisation économique et sociale
Au-delà des 580 personnes déjà évincées, le syndicat alerte sur la précarité immédiate de 1 321 autres emplois au sein du groupe. Les travailleurs, privés d'accès à leurs postes, font face à une détresse psychologique et financière aiguë, les empêchant de subvenir à leurs besoins essentiels. Le syndicat exhorte le ministre du Travail à user de ses prérogatives pour porter le dossier devant le Tribunal industriel national du Nigeria. L'enjeu est de taille : éviter une escalade des tensions sociales dans une région où le groupe WEMPCO constitue un pilier industriel majeur, tout en clarifiant les conditions légales de gestion des entreprises sous administration judiciaire.