Le personnel du Centre hospitalier universitaire d'Ekiti (EKSUTH), au Nigeria, menace d'entamer un mouvement de protestation de trois jours, prélude à une grève illimitée, pour dénoncer une situation financière jugée insoutenable. Le syndicat des travailleurs de la santé (MHWUN) réclame le règlement de 72 mois d'arriérés de salaire et le reversement effectif de diverses cotisations sociales.
Un climat social dégradé par des impayés persistants
La direction syndicale, représentée par Kumuyi Oluwatimilehin, dénonce une gestion opaque des ressources humaines et financières. Selon les représentants du personnel, les agents perçoivent des salaires amputés depuis six ans. Au-delà des salaires, le syndicat pointe du doigt le non-versement des cotisations aux coopératives, des prélèvements syndicaux disparus et l'impossibilité pour les employés d'obtenir des certificats de non-imposition ou d'accéder à des prêts bancaires, faute de régularisation fiscale. Les travailleurs affirment avoir fait preuve de retenue par soutien au gouverneur de l'État, Biodun Oyebanji, mais estiment aujourd'hui que leur situation est devenue critique.
Divergences sur la gestion des subventions publiques
Le conflit prend une tournure politique et comptable avec les accusations portées par le Conseil de négociation intersyndical (JNC). Femi Ajoloko, son président, conteste la gestion du directeur médical de l'hôpital. Il affirme que l'établissement a reçu une subvention additionnelle supérieure aux 90 millions de nairas initialement sollicités, atteignant plus de 120 millions. Pour les syndicats, cet excédent aurait dû être prioritairement alloué à l'apurement des dettes sociales envers le personnel, une thèse que les représentants des travailleurs opposent à la gestion actuelle de la direction.
La défense de la direction face aux accusations
De son côté, le professeur Kayode Olabanji, directeur médical de l'EKSUTH, rejette fermement les allégations d'endettement. Il attribue les tensions actuelles à l'application rigoureuse d'une nouvelle législation fiscale imposée par le Conseil des recettes internes de l'État. Selon lui, les ajustements salariaux et les retenues opérées sont conformes aux circulaires gouvernementales, lesquelles auraient été préalablement discutées avec les partenaires sociaux. Le directeur soutient que les fonds reçus sont intégralement redistribués selon les directives de l'État et que l'insuffisance des allocations budgétaires globales empêche, à ce jour, le paiement immédiat de l'intégralité des arriérés historiques réclamés par le personnel.