Les traversées collectives vers Sebta révèlent un bilan humain alarmant, marqué par des violations des droits fondamentaux et une exploitation politique croissante. Entre privations délibérées et violences, la situation des migrants, notamment des femmes et des enfants, s’aggrave sous le regard des autorités locales et des forces de l’ordre.
Un bilan humain sous haute tension
Les observateurs du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) ont documenté des atteintes graves aux droits des migrants après leur arrivée à Sebta. Les autorités locales ont ordonné la fermeture de commerces essentiels, privant des milliers de personnes, dont des femmes et des enfants, d’accès à l’eau et à la nourriture. Cette mesure, qualifiée de « fermeture générale », a plongé les migrants dans des conditions de vie indignes, aggravant leur vulnérabilité. Parallèlement, des témoignages concordants signalent des brutalités commises par les forces espagnoles en marge des opérations de contrôle, ainsi que des agressions racistes perpétrées par des milices d’extrême droite contre les migrants et les résidents musulmans.
Sur le plan juridique, le non-respect des normes encadrant les procédures d’asile et les opérations de renvoi a été constaté, tandis que des atteintes à l’intégrité physique ont été relevées des deux côtés de la frontière. Les forces publiques marocaines ne sont pas épargnées, avec des cas d’atteintes documentés lors des opérations visant à bloquer les traversées. Le CNDH souligne l’absence de proportionnalité et de nécessité dans l’usage de la force, mettant en lumière des pratiques préoccupantes.
Instrumentalisation politique et montée des discours de haine
Au-delà des violations directes, le CNDH met en garde contre l’exploitation politique des mouvements migratoires. La situation à Sebta sert de catalyseur à des discours hostiles à l’immigration, alimentant des vagues de racisme et de xénophobie. Les observateurs alertent sur l’ampleur des incitations à la haine, qui risquent d’aggraver les tensions sociales et de marginaliser davantage les migrants et leurs familles. Cette instrumentalisation politique, couplée aux violations des droits, crée un climat de crise humanitaire et sécuritaire, exigeant une réponse urgente et coordonnée.