Face à une mobilisation lycéenne persistante réclamant des investissements massifs dans les établissements, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, tente de répondre aux tensions par des mesures opérationnelles. Le gouvernement mise sur une réorganisation de la gestion des ressources humaines pour pallier le manque d'enseignants dans les lycées les plus en difficulté.
Déploiement des effectifs de remplacement
Le ministère a engagé le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants, une mesure présentée comme une réponse directe aux revendications des élèves. Selon les chiffres communiqués par Édouard Geffray, 35 % de ces effectifs disponibles ont été affectés depuis le vendredi 9 octobre, après un état des lieux réalisé dans 25 des 30 académies. Le ministre justifie la temporalité de cette opération par la mise en service récente d'outils numériques de gestion plus performants, destinés à optimiser l'affectation des enseignants sur le terrain.
Recrutement de contractuels et critiques syndicales
En complément de la mobilisation des remplaçants titulaires, le ministère a entamé le recrutement d'environ un millier de contractuels pour renforcer les capacités d'encadrement. Une centaine de contrats ont déjà été signés depuis la fin de semaine dernière. Toutefois, cette stratégie suscite le scepticisme des organisations syndicales. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a qualifié ces annonces de déconnectées des réalités, pointant notamment le risque d'affectations hors spécialité, qui ne garantiraient pas la continuité pédagogique des cours.
Consultation lycéenne et état des lieux
Parallèlement aux mesures de gestion des ressources humaines, le ministère met en avant le succès d'une plateforme de consultation dédiée aux lycéens, ayant recueilli 86 000 contributions. Pour le ministre, cet outil constitue une avancée démocratique permettant de canaliser les aspirations des élèves. Sur le plan sécuritaire et social, le gouvernement observe une légère accalmie, avec environ 200 établissements fermés ce mardi, un chiffre en baisse par rapport aux semaines précédentes, alors que les lycéens continuent de demander un plan de financement global de 10 milliards d'euros pour le secteur.