La gestion controversée d’Aminata Touré au sein du parti Kiiraay, héritier de la Coalition Diomaye Président, alimente les tensions internes et menace l’unité du mouvement.
Un leadership contesté au sein d’un parti en mutation
Depuis sa transformation en parti politique sous le nom de Kiiraay, les Patriotes Républicains, l’ancienne coalition électorale peine à stabiliser sa gouvernance. Les critiques se cristallisent autour d’Aminata Touré, dont la mainmise sur les canaux de communication internes — notamment un groupe WhatsApp verrouillé — a provoqué l’ire de plusieurs dirigeants. Cette méthode, perçue comme autoritaire, a privé les membres de toute possibilité de dialogue ou de contribution, exacerbant les frustrations accumulées lors de l’organisation d’un rassemblement public.
L’incident, révélé après la manifestation, illustre les dysfonctionnements persistants dans la coordination du parti. Plusieurs responsables ont dénoncé des difficultés d’accès à l’événement, attribuant ces problèmes à une gestion centralisée et opaque. Si le président Bassirou Diomaye Faye n’intervient pas pour apaiser les tensions, le risque d’une crise ouverte grandit, certains cadres envisageant même de rendre publiques leurs critiques sur la gouvernance du mouvement.
Les risques d’une gouvernance opaque pour l’avenir du parti
Le maintien d’un groupe WhatsApp portant l’ancien nom de la coalition — et non celui du parti — symbolise une inertie organisationnelle préoccupante. Ce détail, apparemment anodin, reflète un manque de rigueur dans la transition institutionnelle, alors que le parti cherche à s’imposer comme une force politique structurée. Les tensions internes, si elles ne sont pas résolues, pourraient affaiblir la crédibilité de Kiiraay et compromettre sa capacité à fédérer au-delà de son noyau initial.
Dans un contexte politique sénégalais marqué par des luttes de pouvoir et des alliances fragiles, la cohésion interne devient un enjeu majeur pour le parti. L’absence de mécanismes transparents de prise de décision risque d’alimenter les divisions et de limiter l’influence de Kiiraay sur la scène nationale. La question se pose désormais : jusqu’où la direction actuelle pourra-t-elle maintenir son emprise sans risquer une scission ou une perte de légitimité ?