La rentrée scolaire 2026 à Beni, dans le Nord-Kivu, s’annonce sous le signe de l’exclusion pour des milliers d’enfants déplacés. Privés de moyens pour payer les frais d’inscription et acheter les fournitures, ces élèves risquent de rester hors des salles de classe dès le premier jour de cours.
Les faits essentiels
Sur le site de Mambangu, en périphérie de Beni, des familles déplacées font face à une précarité extrême qui menace la scolarisation de leurs enfants. Les témoignages recueillis révèlent une impossibilité matérielle de financer les uniformes, les frais scolaires ou même les fournitures de base. Plusieurs enfants, déjà en retard dans leur parcours scolaire, pourraient ainsi être privés d’éducation pour une nouvelle année.
Les familles, souvent arrivées récemment de Goma ou d’autres zones de conflit, décrivent une situation où la survie quotidienne prime sur les besoins éducatifs. Les parents, eux-mêmes en difficulté pour se nourrir et se vêtir, ne peuvent assumer ces dépenses supplémentaires.
Pourquoi c'est important
Cette crise éducative s’inscrit dans un contexte plus large de déni de droits fondamentaux pour les populations déplacées en RDC. L’éducation, pilier du développement et de la résilience, se trouve ici sacrifiée au profit de la survie immédiate. Les conséquences à long terme sont préoccupantes : un analphabétisme accru, une vulnérabilité accrue des jeunes générations et un frein au redressement social des communautés affectées par les conflits.
Les organisations humanitaires et les acteurs locaux soulignent l’urgence d’une réponse coordonnée. Sans soutien, des générations entières pourraient être condamnées à l’exclusion, aggravant les inégalités déjà criantes dans la région du Nord-Kivu.
Ce qu'il faut surveiller
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur de cette exclusion scolaire. Plusieurs pistes restent à explorer : l’octroi de bourses d’urgence, la distribution massive de kits scolaires ou encore la prise en charge partielle des frais d’inscription par les autorités locales ou les partenaires internationaux.
Les appels lancés par la société civile, comme celui de Héritier Gasisiro, pourraient servir de catalyseur pour mobiliser des fonds et des ressources. Cependant, la rapidité de la réponse sera cruciale pour éviter que des milliers d’enfants ne soient définitivement écartés du système éducatif dès cette rentrée.