Crise de succession au royaume de Tooro : la famille royale conteste la désignation d'un nouveau monarque

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
Crise de succession au royaume de Tooro : la famille royale conteste la désignation d'un nouveau monarque

Le décès du roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, survenu le mois dernier aux États-Unis à l'âge de 34 ans, a plongé le royaume traditionnel de Tooro dans une crise successorale ouverte. Alors que les préparatifs des funérailles battent leur plein, une lutte d'influence oppose désormais les anciens du clan royal à la famille proche du défunt monarque.

Une désignation contestée par la famille royale

Le comité de succession du clan royal a officiellement annoncé la nomination du prince Edward Rukidi Kijanangoma, présentateur de télévision âgé de 56 ans, pour succéder au roi Oyo. Cette décision, validée par 19 membres du clan, s'appuie sur une autorité coutumière revendiquée par les anciens. Cependant, cette annonce a été immédiatement rejetée par la princesse Ruth Komuntale, sœur du défunt roi. Elle affirme que le roi Oyo avait laissé un testament en 2022 désignant son fils comme héritier légitime, une position soutenue par d'autres membres éminents de la famille royale.

Tensions autour de l'héritier et des traditions

Le cœur du désaccord réside dans la reconnaissance du fils du roi Oyo. Si la reine mère, Best Kemigisa, et le président Yoweri Museveni ont évoqué l'existence de cet enfant, le comité de succession soutient que celui-ci n'a jamais été officiellement présenté au clan royal selon les rites traditionnels. Pour les anciens, cette absence de formalisation coutumière rend l'enfant inéligible au trône. À l'inverse, la famille proche dénonce une manœuvre visant à semer la confusion en pleine période de deuil.

Un climat sécuritaire sous haute surveillance

La situation est exacerbée par des tensions sécuritaires au sein du palais. La reine mère a publiquement dénoncé le remplacement des gardes royaux par des soldats, une mesure qu'elle qualifie d'assignation à résidence restreignant la liberté de mouvement de la famille. Elle a lancé un appel pressant aux autorités militaires et au président Museveni pour garantir la sérénité des obsèques prévues ce samedi à Fort Portal. Bien que les royaumes traditionnels ougandais n'exercent plus de pouvoir politique depuis leur rétablissement dans les années 1990, ils demeurent des institutions culturelles influentes dont la stabilité est scrutée par les autorités nationales.

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